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L’action et l’Esprit de la Lettre Nous pouvons constater, en nous penchant sur notre Paracha, qu’un thème récurrent revient dans toutes ses parties : la Kéhouna – la prêtrise. La Paracha commence par raconter la révolte de Kora’h qui contestait la nomination de Aaron en tant que Cohen Gadol – Grand Prêtre. Puis, elle se conclut sur le thème des cadeaux que le peuple Juif devait offrir aux Cohanim. La prêtrise représente un élément incontournable de notre service de D-ieu, tandis que la révolte de Kora’h symbolise et personnifie les forces négatives qui nous habitent et qui tentent d’affaiblir notre progression spirituel. Les prêtres se distinguaient du reste de l’assemblée par leur engagement et dévotion constants pour D-ieu et le Temple ; c’est pour cela, d’ailleurs, qu’ils n’héritèrent pas – comme les autres tribus – d’un territoire spécifique sur la terre d’Israël, car « D-ieu est leur part. » Aussi, doit-on considérer que celui qui donne un des cadeaux énumérés dans la Torah à un Cohen, donne, en fait, une offrande à D-ieu. Ces présents traduisent la volonté et le désir profond de chaque Juif de dédier sa vie au service de son Créateur. C’est dans cet esprit que la Torah enjoint (Lévitique 3 – 16) : « Tout le meilleur sera réservé à D-ieu. » Chaque juif doit réserver le meilleur de ses possessions pour D-ieu, même si cette démarche reste quelque chose de contre nature. Bien que le Temple soit, aujourd’hui, détruit et qu’il nous soit impossible matériellement de procéder à ces offrandes, le principe d’utiliser le meilleur de nos biens à des fins élevées reste applicable en tout lieu et dans toutes les circonstances. Nous pouvons toujours engager le meilleur de nos richesses spirituelles – l’énergie et le temps – pour le Cohen qui est en nous – l’étincelle Divine de l’âme – pour D-ieu et la Torah. Dans le cadre de notre planning quotidien, les meilleurs moments sont ceux de la matinée, les premières heures. Dès le réveil, chaque Juif récite le « Modé Ani » pour remercier D-ieu de lui avoir restitué son âme. C’est ainsi qu’il entame sa journée : il gravit les échelons de la prière et il découvre, par l’étude, la Sagesse Divine incarnée par la Torah. C’est en apposant ces solides fondations que l’homme peut s’assurer la réussite dans le domaine de ces activités et obligations matérielles de la journée. Les arguments de Kora’h venaient défier ce concept. Selon nos sages, il interpella Moché en disant : « Un Talith tout en Té’héleth – bleu azur – doit-il avoir recours aux Tsitsith ? Une Maison pleine de livres saints, a-t-elle besoin que l’on y appose une Mézouza ? » Kora’h rétorque que du fait que chaque Juif est saint de manière intrinsèque – en vertu de l’âme Divine qui l’habite – il n’est donc pas nécessaire d’en rajouter et de dédier « le meilleur » pour Hachem. La réponse de Moché était claire : un juif ne peut se contenter de la Sainteté innée qui l’habite depuis sa naissance ; il a le devoir de progresser pour atteindre les plus hauts niveaux spirituels. Un Talith, même celui qui est tout en azur – symbolisant l’au-delà, a toujours besoin des Tsitsith qui représentent la soumission dans l’engagement physique des Mitsvoth. Une maison pleine de livres saints – symbolisant l’étude de la Torah – ne peut se priver de l’apport supplémentaire de Sainteté apportée par la Mézouza dans laquelle sont inscrits les deux premiers passages du Chéma. Les deux paragraphes de la Mézouza représentent – pour Chéma – l’amour et – pour Véhaya – la crainte de D-ieu. Ce sont là les fondements de la vie Juive ; l’étude de la Torah – la maison pleine de livres – ne tiendrait pas sans la dynamique apportée par ces deux sentiments. Likouté Si’hoth Vol II L’action et l’Esprit de la Lettre La Paracha de cette semaine raconte comment Kora’h, accompagné de 250 personnes, se rebella contre Moché et Aaron. Cette révolte a eu lieu à la suite de l’incident des explorateurs. Ces espions furent envoyés par Moché pour explorer la terre de Canaan et ils retournèrent avec un rapport pessimiste concernant la possibilité de conquérir la terre. La position de Aaron en tant de Cohen Gadol – Grand-Prêtre – fut remise en question par la révolte de Kora’h. La nomination d’Aaron à ce poste eu lieu plus d’un an avant l’épisode des explorateurs. Pourquoi Kora’h a-t-il attendu si longtemps pour se révolter ? Les explorateurs prétendaient qu’il était préférable que le peuple Juif soit séparé du monde matériel. Car ainsi il ne serait pas dérangé dans sa relation avec D-ieu, et il pourrait se consacrer à l’étude et à la prière. Ils désiraient que les Juifs restent dans le désert à l’abri de toute distraction. Pourtant, Moché répondit que la pratique matérielle des Mitsvoth était vitale, car c’est par cette voie que les Juifs remplissaient leur mission dans ce monde, faire une résidence pour D-ieu. Il existe une différence élémentaire entre l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvoth : la compréhension est un élément indissociable de l’étude de la Torah et sur ce point, il existe des différences entre les individus. Certains saisissent plus que d’autres. Cette inégalité qui existe dans le domaine de la Torah n’a pas lieu dans le domaine des Mitsvoth. Sur ce point tous les Juifs sont égaux. Moché mettait les Téfilin exactement de la même manière que le simple Juif. Ils ne se distinguaient que par la dose de concentration et d’intention profonde engagée dans cet acte – dans l’esprit de la Mitsva. C’est pourquoi la rébellion de Kora’h ne se trouvait légitime, de la part de ses instigateurs, qu’après l’incident des explorateurs : Kora’h était, jusque là, conscient que Moché et Aaron dépassaient tout le peuple en matière de compréhension de la Torah, puisque Moché recevait la Torah directement de D-ieu et la transmettait à Aaron pour qu’il l’enseigne à Israël. Sur ce point, leur statut privilégié était justifié. Mais l’épisode des explorateurs venait nous apprendre que c’est l’action qui prime sur l’esprit. Ces hommes voulaient se consacrer exclusivement à l’élévation spirituelle et leur souhait ne put être accepté car sans pratique matérielle, il ne peut y avoir de Judaïsme. S’il en est ainsi “ Pourquoi vous érigez-vous en chefs sur l’assemblée de D-ieu ! ” rétorqua Kora’h. Les Juifs n’étant pas différents dans leurs actes, le statut privilégié de Moché et d’Aaron paraissait donc injustifié. Quelle était donc l’erreur de Kora’h ? En fait, Hachem ne désire pas uniquement la pratique des Mitsvoth, Il souhaite que ces actes soient accompagnés d’une intention profonde, d’un esprit. Car s’il est vrai qu’en pratiquant les Mitsvoth, nous bâtissons une résidence pour D-ieu, celle‑ci se doit d’être lumineuse. Telle une bâtisse qui, pour être habitable, doit avoir de la lumière, la maison de D-ieu doit, elle aussi, être lumineuse. En pratiquant les commandements de D-ieu, nous construisons l’espace de cette résidence particulière. Mais pour y apporter la lumière, nous devons investir nos Mitsvoth d’esprit et d’intention profonde. C’est de cette manière que de simples actes matériels prennent vie ; ils deviennent source de lumière pour les hommes et leur entourage. Donc, même si Moché et Aaron étaient égaux aux autres Juifs dans la forme de la pratique des Mitsvoth, ils n’en demeuraient pas moins radicalement différents, puisque l’intention et la concentration investies dans leurs actes étaient d’une autre nature. D-ieu considère et désire autant l’intention que l’acte lui-même. Likouté Si’hoth Vol IV La Paracha de cette semaine nous raconte comment Kora’h – qui était à la tête d’un groupe de 250 personnes – mena une rébellion contre Moché et Aaron. Ils désiraient devenir Cohen Gadol – Grand Prêtre – à la place de Aaron qui avait le privilège permanent « d’être face à Hachem pour le servir. » Le Midrash précise que Moché tenta de les dissuader en leur disant : « Nous n’avons qu’Un D-ieu…nous n’avons qu’un seul Cohen Gadol ; vous êtes 250 à vouloir être, chacun, le Grand Prêtre ! Sachez que moi aussi je le souhaite ! » Moché leur expliqua qu’en dépit de l’aspect louable de leur requête – qui constituait pour lui aussi un souhait profond – cela n’était pas réaliste puisqu’il ne peut y avoir qu’un seul Cohen Gadol. Or, au moment du Don de la Torah, D-ieu dit au peuple Juif : « Vous constituerez pour Moi un royaume de prêtres et une sainte nation. » Le Baal Hatourim explique que ce passage laisse entendre qu’au moment du Don de la Torah, chacun des Béné-Israël avait atteint, exceptionnellement, le niveau du Cohen Gadol. Kora’h et son assemblée souhaitaient vivre encore cette expérience. Le Rambam dit, d’ailleurs, au sujet de la tribu de Lévi : « Ils furent consacrés pour le service Divin et pour enseigner Ses justes lois…c’est pourquoi, ils étaient retirés des affaires mondaines…Ils étaient l’armée de D-ieu. » Puis, il ajoute : « ceci ne se limite pas à la tribu de Lévi, mais tout individu animé d’un esprit…est sanctifié et considéré comme le Saint des Saints. » Nous sommes là face à un paradoxe : chaque juif peut, s’il le désire, atteindre le degré du Lévi ; mais rien ne l’y oblige. Par contre, les Juifs peuvent aspirer au niveau du Cohen Gadol, alors qu’il est impossible de le devenir ! Le service de D-ieu se regroupe en trois éléments : les Mitsvoth, l’étude de la Torah et la Méssirouth Néfech – le sacrifice personnel pour D-ieu. Ses trois éléments sont, en fait, trois niveaux de l’approche du divin. La pratique des Mitsvoth implique une activité dans le monde matériel afin de l’élever vers la Sainteté. La Torah reste au-delà de ce monde. Tandis que la Méssirouth Nefech transcende les limites de la Torah et des Mitsvoth en permettant à l’homme de s’unir avec D-ieu sans restriction. La majeure partie d’entre nous sert D-ieu par les Mitsvoth. Nous faisons des Maasim Tovim – des bonnes actions –, mais cela ne nous exempte pas pour autant de l’étude quotidienne de la Torah. La tribu de Lévi et ceux qui ont choisi leur mode de vie sont essentiellement engagés dans l’étude. Le service du Cohen Gadol, qui illustre le plus parfaitement l’esprit de Méssirouth Néfech – fondre dans le Divin –, ne peut pas être, pour un Juif, une manière viable de servir D-ieu. La Méssirouth Néfech est un mode de service de D-ieu si intense qu’il est caduc, car l’individu qui se laisserait s’enivrer de spiritualité, rien ne lui garantit que son âme ne sera pas portée à quitter les limites que le corps lui soumet. En effet, il est contraire à la volonté Divine que l’âme quitte le corps. D-ieu souhaite que l’âme habite le corps ici-bas afin de Le servir et de faire de ce monde une résidence pour Lui grâce à la pratique des Mitsvoth et de l’étude de la Torah. Pourtant, chacun de nous doit être habité du désir intense d’atteindre le plus haut degré de la prêtrise et de la Méssirouth Nefech. Ce sentiment nous garantit un attachement désintéressé à D-ieu et nous permet d’accomplir les Mitsvoth et d’étudier la Torah d’un amour illimité. Likouté Si’hoth Vol XVIIIL'histoire racontée dans la Paracha de Kora’h contient une leçon pour chaque Juif. Kora’h initia une rébellion contre Moché pour laquelle lui et ses 250 disciples furent punis sévèrement. Qu'est-ce que nous savons de Kora’h ? La Torah raconte que Kora’h était le descendant d'une des familles Juives les plus prestigieuses. Un savant dans le domaine de la Torah et un homme sage ; il était aussi très riche. En outre, Kora’h était un proche – cousin – de Moché, le leader du peuple Juif, et de son frère Aaron, le Grand Prêtre. Par contre, un des partisans de Kora’h, un homme du nom de On Ben Peleth, ne pouvait, pour sa part, se vanter de sa lignée. La Torah ne nous donne aucun détail distinctif sur cet homme. On Ben Pelet n’était ni riche, ni particulièrement intelligent. C'est surprenant, par conséquent, que chacune de leurs vies prit une tournure inattendue. En fait, nous constatons que les destins de Kora’h et de On Ben Peleth menèrent à l’opposé de ceux que nous aurions pu présager pour chacun d’eux. Kora’h, l’homme de bonne famille, le sage, eut une fin amère. Il ne se limita pas à ruiner son existence, mais il partagea avec les centaines de juifs qui le suivirent ce destin malheureux. D’autre part, On Ben Peleth et toute sa famille furent sauvés. En effet, il fut le seul partisan de la révolte de Kora’h qui échappa à la punition. Qu’est-ce qui fit la différence dans ce moment critique ? Rien d’autre que la conduite de leurs femmes respectives, et l’influence qu’elles ont donné à leurs maris. Au tout dernier instant, la femme de On Ben Peleth sauva sa famille et son mari de la destruction. Sa femme était une vraie « Akereth Habayith – la fondation de la Maison ». Elle incarnait par son inspiration et par son rayonnement les idéaux les plus élevés de la femme Juive. La femme de Kora’h, d’autre part, a encouragé et a aidé son mari – par ses mots et par ses actes – ainsi que le groupe de rebelles à se révolter. Au lieu d'être une « Akereth Habayith – la fondation de la Maison », elle choisit d’être une « Okereth Habayith » – littéralement, une femme qui détruit et déracine sa maison. Cette histoire, rapportée par le Midrash, met l’accent sur l’intense responsabilité qui fut confiée à la femme Juive. Ce texte souligne le rôle critique et l'ampleur que peut avoir son comportement sur son mari et sa famille. Ainsi que le Roi Salomon dit dans les Proverbes (14 – 1) : « La sagesse des femmes édifie la Maison. » Likouté Si’hoth Vol II La Paracha de Kora'h raconte la révolte que Kora’h organisa contre Moché. D’après nos sages, son argumentation s’articulait ainsi : « Si nous admettons que chacun de nous fait partie de la sainte nation, il n’y a donc aucune place à la supériorité. Par conséquent, pourquoi vous êtes-vous, Moché et Aaron, attribués tant de privilèges ? Les Juifs ne seront unis que lorsqu’ils jouiront de droits égaux ! » La Torah nous apprend que cette réclamation – qui fut le fruit de la logique de Kora’h – mena à l’opposé de l’unité, au point où la révolte de Kora’h est devenue l’archétype et le symbole de la dissension et de la discorde dans la communauté. Moché répondit à Kora’h (Nombres 16 – 5) : « Boker – Au matin, Hachem fera savoir qui est digne de Lui. » Le Midrash explique la réponse de Moché : A l’instar des limites naturelles que D-ieu instaura entre le jour et la nuit, mais qui constituent deux parties complémentaires d’un même tout, ainsi D-ieu créa les différents éléments du peuple Juif – Cohanim, Léviyim, Israël – qui, ensemble, constituent un peuple uni. Le monde fut créé de manière à ce que chaque élément de la Création ait ses propres limites. Ce sont précisément ces limites qui forment les lois de la nature et qui constituent toute la structure de l’existence. C’est en les préservant que chaque élément peut jouer son rôle spécifique et remplir sa fonction. L’unité est atteinte, dans l’œuvre de D-ieu, lorsque chacun joue son rôle dans le cadre qui lui est imparti. L’harmonie est maintenue lorsque, pour adhérer au projet Divin, chacun remplit sa propre mission. Dès lors que la confusion s’instaure et que des individus tentent d’assumer des missions qui ne sont pas les leurs, c’est la division et la discordance qui s’installent. Les distinctions qui existent entre les différentes composantes du peuple Juif - Cohanim, Léviyim, Israël, (et au sein même de la famille des Cohanim : simple Cohen et Grand Prêtre) – ne sont pas arbitraires. Chaque niveau n’est que le reflet du niveau de l’âme attribuée à la personne pour remplir sa mission spécifique. D-ieu souhaite que chaque individu remplisse sa propre mission et pas celle de son prochain. La véritable unité est atteinte lorsque nous respectons nos différences. Nous devons nous unir dans nos différences pour construire un projet commun. Ceci constitue une leçon très actuelle : Certains pensent, aujourd’hui, que le chemin vers l’unité et l’harmonie n’est atteint que par l’effondrement des barrières qui existent entre les différentes composantes de la société : hommes et femmes, Juifs et non-Juifs, ou autres croyances et idéologies. La Torah défend, cependant, une autre position. C’est seulement en respectant et préservant les différences inhérentes que nous construisons un monde où règnent la paix et l’unité. Likouté Si’hoth « Or, le lendemain, Moché entra… et voici qu’avait fleuri le bâton de Aaron… Il avait germé des boutons, éclos des fleurs, mûri des amandes. » (Nombres 17 – 23) Après la révolte de Kora’h, D-ieu demanda aux chefs de tribus de placer leur bâton dans la cour du Michkan. Un miracle se produisit : le bâton de Aaron bourgeonna, fleurit et donna des amandes. Ceci constitua la preuve que la tribu de Lévi était bien celle que Hachem avait choisie pour le servir dans le Sanctuaire et que Aaron méritait d’être le Grand Prêtre. Il est certain que les détails de ce signe ont aussi une signification. Quel lien y a-t-il entre la prêtrise et le fruit d’amandier ? L’amande a cela de particulier d’être le fruit le plus précoce. L’amande a le plus court intervalle entre l’apparition du bourgeon et la maturation de toutes les variétés de fruits. Rabbi Chnéour-Zalman indique que l’amande symbolise les Cohanim – les prêtres – qui avaient pour mission de bénir le peuple Juif. A l’instar de l’amande qui a une maturité hâtive, les bénédictions des Cohanim se réalisent immédiatement et sans aucun report. Le Talmud affirme, d’ailleurs, que « les Cohanim sont rapides et zélés. » Les Cohanim ne se bornaient pas à remplir leur rôle de prêtres, ils le faisaient avec zèle et empressement. Chaque Juif est comparé à un Cohen. Ainsi, au moment du Don de la Torah, il est dit : « Vous serez pour Moi une Nation de Prêtres – Mamlé’heth Cohanim. » Notre Paracha contient, donc, une leçon éternelle pour chacun d’entre nous. Hachem confia à chaque juif une mission : observer la Torah et appliquer les Mitsvoth dans ce monde physique, et surtout transmettre le savoir et la tradition aux futures générations. L’éducation Juive est la pierre angulaire de l’édifice du Judaïsme. Cette mission doit être – comme pour la production des amandes – réalisée avec empressement et diligence. Nous ne devons jamais remettre à plus tard une Mitsva qui peut être faite maintenant. Nous devons nous presser pour remplir cette extraordinaire mission d’accomplir la volonté Divine. En outre, quand nous agissons avec empressement, D-ieu s’engage pour que les fruits de nos efforts soient rapidement récompensés. Comme pour l’amandier, nous ne tarderons pas à voir les fruits de nos entreprises. Likouté Si’hoth Vol IV « D-ieu dit à Aaron... Le meilleur... Les prémices... qu’ils apporteront au Seigneur, Je te les donne. » (Nombres 18 – 8,13) Ce verset nous prescrit que toutes les offrandes que le peuple Juif donnerait aux Kohanim soient issues des matières de qualité supérieure. Ces contributions devraient être du ‘Helev, traduit habituellement par le mot meilleur, qui se réfère littéralement à la partie la plus grasse de l’animal. Les prémices sont des produits alimentaires de sélection. Le Peuple Juif ne devait offrir que du meilleur de sa production pour D-ieu, et D-ieu demanda que cela soit remis aux prêtres. Maïmonide précise que cette loi est aussi valable aujourd’hui. Elle s’applique à chaque fois que l’homme entreprend une action pour D-ieu. Il doit à chaque fois y impliquer ses biens les plus chers. Lorsque nous nourrissons une personne affamée, nous devons lui servir la nourriture la plus savoureuse et la plus douce de notre table. Si nous vêtons un pauvre, c’est des plus beaux habits qu’il faudra le couvrir. En construisant un lieu de culte, nous veillerons à ce qu’il soit plus beau que notre propre habitation. Car de toutes les matières – nourriture, vêtements, habitat – c’est le ‘Helev qui sera consacré à la sainteté. Une autre matière est à consacrer à D-ieu : le temps. Le temps est précieux. Par conséquent, il est recommandé que l’homme consacre la meilleure partie de sa journée à D-ieu. La matinée est le temps optimal des 24 heures d’une journée. L’esprit y est encore clair et libre. Il n’est pas encore engagé dans les préoccupations qui se présenteront plus tard. C’est pourquoi, nous constatons que la matinée reste le moment le plus approprié pour être réservé aux matières saintes. Rabbi Yossef-Yits’hak expliquait ainsi ce verset : « Miréchith Arissoté’hem – Du début de votre pâte vous prélèverez pour D-ieu. » Le Mot Arissa – pâte – signifie aussi « lit ». Ce verset vient alors nous indiquer qu’une personne doit, dès le réveil, donner un cadeau à Dieu. Ce présent est, en fait, la matinée – meilleure partie de la journée. Nous pouvons accomplir cela de différentes manières. La première consiste à déclarer « Modé Ani » au réveil. Nous pouvons, par ailleurs, réserver la première partie de la journée à la prière et à l’étude de la Torah. En réservant le meilleur de nos possessions – nourriture, vêtement, habitat et temps – à D-ieu, nous méritons que s’accomplisse la bénédiction des Kohanim : « Que D-ieu te bénisse et qu’Il te protège ! » Likouté Si’hoth Vol II
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