Accueil

EditorialParacha

Midrash

Histoires

Fêtes Juives

Pirkei Avoth

Midoth

Le Temple

Cours Audio

Archives

Un Rabbin Vous Répond

Horaires de Chabbath

Liste des Produits Cachers

Calculez Vos AnniversairesDaf Sur Pocket Pc ou Palm

Communauté de LilleYortseith à Lille

News de Lille770 Live

Kotel Live

Sites Favoris

 

Comme le Royaume Céleste

Deux hommes d’affaires qui ont été accusés par des Goyim, et qui risquaient d’être jugés très sévèrement par la justice de Russie, rendirent visite à Rabbi Chnéour-Zalman afin de recevoir une bénédiction.

Quel ne fut pas leur étonnement lorsqu’au lieu de leur donner une Bera’ha, le maître leur demanda s’ils connaissaient le sens des paroles du Talmud : « Mal’houta Déar’a Méïn Mal’houta Dirkia – Le Royaume terrestre est comparable au Royaume Céleste. »

Lorsqu’ils répondirent par la négative, le Rabbi leur expliqua qu’il n’est pas d’usage de prononcer le vrai nom du roi, on dit plutôt « Majesté » ; ainsi en est-il pour D-ieu, on ne doit pas prononcer Son vrai Nom ; il faut l’appeler Hachem.

Ils furent déçus et désespérés, parce qu’ils n’avaient pas obtenu de bénédiction. En outre, ils ne comprenaient pas quel rapport ce texte avait avec leur affaire. Quelqu’un leur conseilla alors de se rendre à la capitale pour rencontrer le ministre de la justice devant qui ils exposeraient leur cas et lui demanderaient pardon. On leur dit que chaque jour, il se promenait dans un parc. Ils y allèrent et ils demandèrent au gardien du parc de leur faire signe lorsque le ministre de la justice passerait.

Ils se cachèrent et ils virent le gardien faire des signes ; mais ils ne comprirent pas. Ils se jetèrent aux pieds du noble personnage qui était devant eux, et l’implorèrent pour qu’il ait pitié de leur sort. Le ministre leur dit qu’ils faisaient erreur. Il n’était pas le ministre de la justice ; en fait, c’était le ministre de la culture. Néanmoins, puisqu’ils étaient là, et qu’ils paraissaient être des Juifs qui savent étudier, il leur demanda s’ils pouvaient lui donner la solution à un problème que le Tsar lui posa : « Que signifie les paroles du Talmud : Le Royaume terrestre est comparable au Royaume Céleste ? »

Les deux hommes d’affaires se réjouirent et comprirent comment Rabbi Chnéour-Zalman les avait aidés. Ils donnèrent la réponse au ministre qui fut tellement content qu’il parla de l’accusation au Tsar. L’empereur les acquitta et annula leur jugement.

 

Vivre le Souvenir

Un groupe de ‘Hassidim vint, une fois, chez Rabbi Israël de Rouzin pour se plaindre de la sécheresse qui frappait et qui mettait en danger leurs récoltes et leur bétail. Rabbi Israël les entendit et il leur demanda de le suivre. Il les mena par des sentiers détournés dans la forêt jusqu’à ce qu’ils arrivent au pied d’un certain arbre. Là, il fit signe à ses ‘Hassidim de s’asseoir et il leur dit :

« A l’époque du Baal Chem Tov, lorsqu’il y avait une sécheresse, il venait avec ses ‘Hassidim au pied de cet arbre ; il chantait un Nigoun – un chant ‘Hassidique ; il partageait avec eux un enseignement, et la pluie tombait. »

« Une génération plus tard, quand il y avait la sécheresse, mon grand-père, le Maguid de Mézéritch, guidait ses disciples jusqu’à cet arbre. Il leur racontait cette histoire du Baal Chem Tov, puis, il leur disait : ‘Bien que je ne me souvienne plus de l’enseignement de mon maître, je me rappelle encore du Nigoun ; je vais vous le chanter.’ Après avoir entonné le chant, la pluie se mettait à tomber. »

« Tandis que moi, » conclut Rabbi Israël, « je ne connais ni l’enseignement, ni même le Nigoun – la mélodie ; mais je connais encore cette histoire. Espérons que le fait de la raconter suffira pour faire tomber la pluie. »

Rabbi Israël et ses ‘Hassidim venaient à peine de quitter la forêt lorsque le ciel se mit à gronder de ses premiers tonnerres.

Les Voleurs sont à l'Intérieur

Les Ovdim, des Hassidim s’appliquant à prier longuement et avec une grande concentration, font partie du paysage courant des Shuls ‘Habad. Aussi, est-il fréquent de les voir méditer sous leur Talith, le Chabbath après-midi, à l’heure où de nombreux Juifs ont déjà fini le repas de Chabbath et entamé la sieste.

D’autres ‘Hassidim ont plutôt usage à prier à une vitesse vertigineuse. Un jour, un groupe de ‘Hassidim de Kotsk rendit visite à Rabbi Chmouel de Loubavitch et l’interrogea sur le sujet : « Que feriez-vous si vous étiez attaqué par des voyous qui lanceraient des cailloux sur votre carrosse ? N’ordonneriez-vous pas au cocher de frapper les chevaux pour qu’ils s’enfuient le plus vite possible ! » Les Kotskers pensaient qu’en priant vite, on évitait de laisser entrer de mauvaises pensées au moment de la prière.   

« Vous avez raison. C’est une bonne idée. » répliqua le Rabbi. « Aussi, faut-il encore que les voyous soient à l’extérieur. »

« Par contre, que feriez-vous, » poursuivit Rabbi Chmouel,« si les voyous se trouvent déjà à l’intérieur du coche et qu’ils vous frappent déjà sur la tête. Vous conviendrez qu’il faille stopper la voiture pour s’en débarrasser ! »

Tout Se Joue Ici !

Chez les ‘Hassidim de Tsanz, le moment de Séouda Chelichith – troisième repas de Chabbath – était particulièrement apprécié. C’était une des rares occasions où Rabbi ‘Hayim s’asseyait parmi ses disciples et partageait avec eux de profondes explications sur la Paracha.

Ces instants étaient magiques ; une ambiance mystique emplissait le Beth-Hamidrach lorsque Rabbi ‘Hayim s’attardait avec eux dans la tranquillité du crépuscule du Saint Jour. Là, les ‘Hassidim pouvaient sentir que leur maître s’élevait dans une dimension supérieure. Puis, lorsqu’il revenait à lui, il avait l’habitude de chanter avec une grande ferveur les Zémiroth – les chants de Chabbath.

Une fois, alors qu’il chantait « Kel Mistater – D-ieu qui se dissimule », il se mit à tousser violemment. Malgré l’inconfort que cela causait, il poursuivit, tout de même, son chant. Son fils Rabbi Barou’h se leva et revint rapidement avec un verre de thé.

Rabbi ‘Hayim déclina l’invitation et s’exclama : « Que veux-tu que je fasse avec ça ? ! Penses-tu que l’on boive du thé dans le monde spirituel de Atsilouth ? ! »

« Je sais, mon père, » répondit calmement Rabbi Barou’h. « En effet, mais dans cette sphère spirituelle, on n’y tousse pas, non plus ! »

Le Tsaddik sourit et se mit à boire le thé.

L’Heure du Renard

Rabbi Avraham Mordé’haï de Gour fut un jour invité à prendre la parole au cours d’une réception organisée en l’honneur de la nomination d’un notable de la communauté à un poste d’administrateur des institutions Juives de la ville. Le Tsaddik s’adressa à l’assemblée en ces termes :

« La Torah nous raconte que lorsque Yaakov retrouva Yossef en Egypte, il se conduisit envers lui avec tout l’honneur que l’on réserve à un monarque, bien qu’il ait été son fils. Rachi (Genèse 47 – 31) rapporte à ce sujet un proverbe populaire : ‘ Quand vient l’heure du renard, prosterne-toi devant lui.’ »

Le Rabbi poursuivit : « Pourquoi parle-t-on ici précisément d’un renard ? Quelle est donc sa particularité ? Il arrive que d’autres animaux prennent le pouvoir sur d’autres espèces ? Pourquoi ce détail alors ? »

« Seulement, voilà, » répondit et conclut Rabbi Avraham Mordé’haï, « le renard est assez intelligent pour comprendre que de telles occasions ne se présentent pas tous les jours ; il en profite alors pour se conduire royalement. Les autres animaux n’ont pas cette finesse d’esprit. Mes amis, lorsque D-ieu présente l’opportunité à un individu d’accéder un poste de décideur, ou bien lorsqu’une personne prend conscience qu’elle jouit d’une situation particulière et exceptionnelle, il ne faut pas rater le coche, il faut sauter sur l’occasion et profiter au maximum de la situation. »

Comme le Royaume Céleste

Deux hommes d’affaires qui ont été accusés par des Goyim, et qui risquaient d’être jugés très sévèrement par la justice de Russie, rendirent visite à Rabbi Chnéour-Zalman afin de recevoir une bénédiction.

Quel ne fut pas leur étonnement lorsqu’au lieu de leur donner une Bera’ha, le maître leur demanda s’ils connaissaient le sens des paroles du Talmud : « Mal’houta Déar’a Méïn Mal’houta Dirkia – Le Royaume terrestre est comparable au Royaume Céleste. »

Lorsqu’ils répondirent par la négative, le Rabbi leur expliqua qu’il n’est pas d’usage de prononcer le vrai nom du roi, on dit plutôt « Majesté » ; ainsi en est-il pour D-ieu, on ne doit pas prononcer Son vrai Nom ; il faut l’appeler Hachem.

Ils furent déçus et désespérés, parce qu’ils n’avaient pas obtenu de bénédiction. En outre, ils ne comprenaient pas quel rapport ce texte avait avec leur affaire. Quelqu’un leur conseilla alors de se rendre à la capitale pour rencontrer le ministre de la justice devant qui ils exposeraient leur cas et lui demanderaient pardon. On leur dit que chaque jour, il se promenait dans un parc.  Ils y allèrent et ils demandèrent au gardien du parc de leur faire signe lorsque le ministre de la justice passerait.

Ils se cachèrent et ils virent le gardien faire des signes ; mais ils ne comprirent pas. Ils se jetèrent aux pieds du noble personnage qui était devant eux, et l’implorèrent pour qu’il ait pitié de leur sort. Le ministre leur dit qu’ils faisaient erreur. Il n’était pas le ministre de la justice ; en fait, c’était le ministre de la culture. Néanmoins, puisqu’ils étaient là, et qu’ils paraissaient être des Juifs qui savent étudier, il leur demanda s’ils pouvaient lui donner la solution à un problème que le Tsar lui posa : « Que signifie les paroles du Talmud : Le Royaume terrestre est comparable au Royaume Céleste ? »

Les deux hommes d’affaires se réjouirent et comprirent comment Rabbi Chnéour-Zalman les avait aidés. Ils donnèrent la réponse au ministre qui fut tellement content qu’il parla de l’accusation au Tsar. L’empereur les acquitta et annula leur jugement.

 

Une Vraie Abnégation

Le ‘Hassid Rav Mendel ‘Hein était un très grand érudit. Il rencontra, un jour, le célèbre Rabbi ‘Hayim de Brisk – un des plus grands maîtres du début du siècle. Dans le courant de leur discussion, Rabbi ‘Hayim cita une certaine idée qu’il attribua au Rambam – Maïmonide. Tout en écoutant la démonstration, Rav Mendel se dit qu’il n’existait pas un tel texte dans le Rambam. Cependant, par égard pour le grand maître, il n’osa pas reprendre Rabbi ‘Hayim.

Ayant un cas de conscience, le ‘Hassid se rendit chez Rabbi Chalom Dov Ber de Loubavitch – qui était un ami de Rabbi ‘Hayim de Brisk – et lui demanda s’il fallait signaler l’erreur au Brisker. Le Rabbi dit au ‘Hassid qu’il pouvait sans crainte avertir Rabbi ‘Hayim.

Rav Mendel retourna, alors, chez Rabbi ‘Hayim et lui dit que – d’après lui – il n’y avait pas un tel texte dans Maïmonide. Le Rabbin l’entendit attentivement et lui dit qu’il se trompait ; il le pria d’attendre le temps de vérifier cela dans sa bibliothèque.

Le maître se retira et après une recherche précise, il s’aperçut que le ‘Hassid avait raison et que ce texte ne se trouvait pas dans le Rambam. Lorsque Rabbi ‘Hayim revint dans la salle où il avait laissé Rav Mendel, celui-ci avait disparu. En effet, se rendant compte qu’il pouvait embarrasser Rabbi ‘Hayim, le ‘Hassid préféra s’éclipser.

Rabbi ‘Hayim s’exclama : « Si la personne, qui m’avait montré que je m’étais trompé, était un de chez nous – un Lithuanien –, il serait resté juste pour me dire : ‘Ah ah ! Je te l’avais dit !’ Cependant, cet homme étant un ‘Hassid de Loubavitch qui vit avec Bitoul – abnégation –, il préféra prendre la poudre d’escampette plutôt que de tirer quelque fierté de cet incident ! »

Vivre La Paracha

Rabbi Yossef Yits’hak de Loubavitch rapporte dans son journal cette anecdote :

Lorsque j’avais 7 ans, je suis allé rendre visite au ‘Hassid Reb Hendel. Je l’ai surpris en train d’étudier le livre de Béréchith, plus précisément le verset (15 – 1) : « Ne crains rien Avram, Je suis ton protecteur. » En m’approchant de lui, je remarquais que ses yeux étaient en larmes. Ses pleurs m’avaient fortement impressionné. Pourtant, je m’interrogeais sur ce qui pouvait causer chez cet homme, une telle amertume. J’étais certain qu’il ne pleurait pas pour ses péchés, car je savais qu’il ne devait pas avoir de fautes qui justifient un tel sentiment. Je savais aussi qu’il n’était pas du genre à pleurer à cause du verset qu’il lisait puisque celui-ci ne faisait aucune allusion à un événement grave.

Je lui ai alors demandé : « Reb Hendel, pourquoi pleurez-vous ? »

Devinant ma sincérité, il se leva et me répondit : « Vois-tu, j’ai entendu, un jour, de la bouche de ton grand-père – le Tséma’h-Tsédek – que le livre de Béréchith est appelé par nos sages – Sefer Hayachar – le Livre Droit, car, dans ce texte, la Divinité rayonne et brille dans l’histoire du monde sans aucun voile et de manière directe, à l’instar des rayons du soleil qui éclairent directement. »

« Comment veux-tu, » poursuivit le ‘Hassid, « qu’une personne soit assise devant un tel livre où D-ieu se trouve si près et qu’elle n’en vienne pas à pleurer d’émotion. »

 

Progresser

Un haut responsable du Judaïsme américain rendit visite au Rabbi MH’’M à l’occasion de son anniversaire. L’homme souhaita alors au Rabbi : « Puissiez-vous, par le mérite de ce jour particulier, continuer le travail et l’œuvre que vous avez entrepris. »

Le Rabbi répliqua aussitôt : « Je ne peux me satisfaire de seulement continuer ; il faut, en fait, progresser ! »

« Certes, » lui répondit le responsable communautaire, « mais nous serions déjà très contents si vous continuez. »

« Non, » repris le Rabbi, « Je ne serais pas satisfait. Et cela est autant valable pour moi que pour vous, si votre intention était de continuer à agir toujours de la même manière…Tout être humain doit évoluer. »

L’homme acquiesça et finit par dire : « Bien, si le Rabbi progresse, nous serons amené à faire de même. »

« Vous voulez dire deux fois plus ! » lui dit le Rabbi en souriant.

 

L’art de Recevoir

Rabbi Eliezer, le père du Baal Chem Tov, était si hospitalier qu’il avait l’habitude d’envoyer ses gens à la recherche des voyageurs de passage près de son village. Quand ceux-ci avaient mangé, il leur offrait des cadeaux et des provisions pour la suite de leur voyage. Le Tribunal Céleste remarqua cette conduite exemplaire et décida de mettre Rabbi Eliezer à l’épreuve.

On envoya le prophète Elie qui se présenta à la porte de Rabbi Eliezer, un Chabbath après-midi, sous l’apparence d’un pauvre vagabond. Il portait un sac à dos et tenait son bâton à la main, enfreignant ainsi de manière flagrante la sainteté de Chabbath. On lui ouvrit, il dit « Gouth Chabbes » et entra.

Devant l’insolence du visiteur qui profanait le Chabbath aussi ouvertement, Rabbi Eliezer ne se démonta pas. Il s’abstint de toute remontrance afin de ne pas faire rougir celui-ci. Au contraire, il s’empressa de lui servir le troisième repas de Chabbath – Séouda Chelichith – et le soir, après la fin de Chabbath, prépara à son intention le Mélavé Malka, le repas qui accompagne le départ de la Reine Chabbath. Le lendemain, il lui fit une généreuse donation afin de subvenir à ses futurs, en s’abstenant toujours de tout commentaire sur son honteux comportement de la veille.

A cet instant, le prophète révéla son identité en déclarant :

« Sache que je suis le prophète Elie, venu pour te mettre à l’épreuve. Puisque tu as surmonté cette épreuve et que tu n’as pas fait honte à celui qui frappait à ta porte, tu as été jugé digne d’engendrer un fils qui illuminera tout Israël. »

La bénédiction ne tarda pas à se réaliser et dans le foyer de cet hôte patient naquit celui qui devint Rabbi Israël Baal Chem Tov.

Quitter l’Arche

Il était d’usage, dans les temps anciens, que les jeunes hommes consacrent les premières années après le mariage à l’étude de la Torah. Pendant cette période, ils étaient soutenus par les beaux-parents, puis ils se lançaient généralement dans les affaires.

Un jeune ‘Hassid qui appréhendait le fait de quitter les bancs du Beth-Hamidrach – la maison d’étude – vint prendre conseil chez Rabbi Chmouel de Loubavitch.

« Rabbi, où vais-je trouver les forces pour affronter le monde ? Quel conseil me donnez-vous ? » demanda le jeune homme.

Le maître lui répondit : « Tu devras garder cette règle pour  principe : les défauts que tu verras chez autrui, sache qu’ils existent aussi en toi. Alors, efforce-toi de les éradiquer en toi. Et quand tu verras des qualités, chez l’autre, que tu n’as pas encore, tente de les acquérir. »

« Le Baal Chem Tov enseigna, » poursuivit Rabbi Chmouel, « que tout est BéHachga’ha Pratith – Providence Particulière. Lorsqu’une personne en rencontre une autre, ce n’est pas par hasard ; une intention Suprême se trame dans cet événement. Chacun doit jouer, à la fois, le rôle d’enseignant et d’élève de son entourage. »

Bien des années plus tard, le ‘Hassid racontait cette anecdote avec enthousiasme. Il aimait dire que ces paroles l’avaient guidé durant toutes les années difficiles de sa vie professionnelle.

 

Ne Pas Se Fier aux Apparences

Rabbi Chalom Dov Ber avait usage, avant d’aller en voyage, de se tenir près du carrosse pour voir charger les caisses de manuscrits dont il ne se séparait jamais.

Une fois, il remarqua que le cocher se mit à graisser les essieux alors que le carrosse était déjà chargé. « Mon ami, » demanda le Rabbi,« n’aurait-il pas été plus facile et plus confortable de procéder au graissage lorsque le véhicule était plus léger ? ! » 

Le cocher répondit : « Rabbi, vous avez raison. C’est bien plus facile de le faire lorsque la voiture est vide. Néanmoins, la graisse tient beaucoup mieux lorsque la charge est déjà posée. »

Rabbi Chalom Dov Ber sourit et se tourna vers les quelques ‘Hassidim qui étaient présents : « Voyez-vous, cet homme a raison, » dit-il. « Il en est ainsi dans le service de D-ieu : c’est lorsque la tâche paraît difficile que l’on peut être assuré que les efforts ne seront pas vains et que l’expérience laissera un véritable enrichissement spirituel. »

 

Ne Jamais s’Habituer !

Deux hommes descendirent une fois dans une cave, un jour particulièrement ensoleillé. Lorsqu’ils furent plongés dans l’obscurité, l’un d’eux se frotta les yeux et dit qu’il n’y voyait rien. L’autre répondit : « C’est toujours ainsi lorsque l’on vient d’un endroit clair, on n’y voit rien pendant les premiers instants. Dans un moment, il fera clair à nouveau. »

« Grossière erreur ! » lui dit l’autre. « Il ne fera pas plus clair dans quelques instants. L’obscurité demeure l’obscurité. On s’y habitue, voilà tout… »

Retour à la Maison

L’action du mouvement de Loubavitch – initiée par le Rabbi MH’’M – de rapprocher nos frères à la Torah et aux Mitsvoth fut fortement critiquée dans le monde orthodoxe. « Comment ce Rabbi peut-il démobiliser de l’étude de la Torah tant de jeunes élèves des Yéchivoth et les envoyer au cœur des métropoles étrangères au Judaïsme ! » arguaient les opposants à cette démarche.

Un ‘Hassid de Belz faisait partie de cette catégorie de personnes qui ne se gênaient pas de critiquer publiquement l’action de Loubavitch. Il lui arrivait même de diriger les propos de son courroux – devant sa famille et ses proches - sur la personnalité du Rabbi même. Puis, cet homme connut une épreuve : un de ses fils avait perdu tout intérêt pour le Judaïsme et pour la pratique des Mitsvoth. En dépit des efforts produits par sa famille, le jeune homme prit la décision irrévocable de quitter le foyer et toutes les valeurs qu’il représentait. 

Des années passèrent et le jeune homme qui sortait de son travail – à Manhattan – fut interpellé par un jeune Loubavitch qui l’invita à mettre les Téfilin. Le jeune homme refusa catégoriquement, avec un sourire en coin, et s’empressa de poursuivre sa route. Le Loubavitch insista et lui dit : « Réfléchissez ! Peut-être, si cela n’a pas de sens pour vous, accepteriez-vous de le faire pour moi ! » L’originalité des propos interpella le jeune homme qui finit par accepter mettre les Téfilin. Quel ne fut pas l’étonnement du jeune Loubavitch lorsqu’il vit avec quelle dextérité le jeune homme fit la Mitsva. Il se mit alors à parler avec lui et ce dernier ouvrit son cœur et raconta son histoire. Des liens amicaux se tissèrent jusqu’à ce que le jeune homme décide de revenir pleinement au Judaïsme.

La famille du ‘Hassid Belz s’était reformée. Le père se dit alors qu’il avait jugé hâtivement le Rabbi ; il décida de lui rendre visite pour exprimer sa gratitude.

Le Rabbi lui dit : « Vous avez ressenti deux sentiments très forts ! D’abord, la peine d’un père dont le fils s’est égaré ; puis la joie intense de son retour. Sachez, que je ressens la même peine pour chaque Juif qui se sent encore étranger aux valeurs de nos ancêtres, et je vis le même bonheur lorsqu’il redécouvre ses racines. » 

 

Le Prix de l'Effort

Un ‘Hassid rencontra, un jour, une vieille connaissance qu’il avait perdue de vue. Le ‘Hassid remarqua que son camarade paraissait triste ; il en conclut que celui-ci devait certainement avoir des problèmes qui l’incommodaient.

Souhaitant aider son camarade, le ‘Hassid s’empressa de l’interroger sur son état de santé, sur sa situation familiale et sur ses affaires. Après de longues investigations, il s’avéra que tout allait pour le mieux.

Le ‘Hassid s’exclama alors : « Je ne comprends pas ! Ta famille est en bonne santé, grâce à D-ieu. Les affaires vont bien. Dis-moi, donc, qu’est-ce qui te met dans cet état.  »

« Vois-tu, » répondit l’ami, « Je me suis efforcé toute ma vie de devenir ‘quelque chose, quelqu’un’. Je voulais devenir professeur, écrire un livre, devenir célèbre. Les années passent et je ne suis toujours rien du tout. »

Le ‘Hassid répliqua : « Oy ! Je suis tellement jaloux de toi ! Moi, j’ai consacré toute mon existence à travailler sur mon ego, à tendre vers l’état du ‘Ayin Vééffes – du néant et de l’insignifiant’ ; et pourtant, en dépit de tous mes efforts, je ressens tout de même que je suis toujours quelque chose.  »

Le Prix de l'Effort

Un jour, un ‘Hassid de Rabbi Aaron Leïb de Prémishlan rendit visite à Rabbi Eliméle’h de Lizansk. A la fin de l’entrevue, le Tsaddik demanda au disciple de transmettre un message urgent à son maître : « Dis-lui qu’il arrête d’être si orgueilleux ! »

Le ‘Hassid s’empressa à transmettre le message à son maître nos sans exprimer son étonnement. Rabbi Aaron Leïb écouta attentivement sans laisser transparaître quelque sentiment. Cependant, le jeune Tsaddik décida de se rendre pour le prochain Chabbath à Lizansk afin d’éclaircir cette énigme.

Le Jeune Rabbin fut reçu par Rabbi Eliméle’h avec tous les honneurs et il passa un Chabbath merveilleux auprès du grand Tsaddik. A l’issue de la sainte journée Rabbi Aaron s’empressa de demander à Rabbi Eliméle’h quel était le sens de son message.

« Vois-tu, » répondit Rabbi Eliméle’h, « j’ai eu la visite ces derniers jours du prophète Elie – Eliahou Hanavi – qui m’a appris que tu as refusé son enseignement !  »

Rabbi Aaron Leïb répliqua aussitôt : « Je n’ai pas changé d’avis ! Je préfère apprendre et découvrir la Torah par mes propres moyens. L’effort est indissociable de la Mitsva de l’étude. »

Répondre Aux Questions

Un homme, qui s’était éloigné de la tradition, vint, un jour, interroger Rav ‘Haïm de Brisk :

« Un sujet me préoccupe, » dit-il. « La Torah nous interdit la consommation du porc. Je comprends la pertinence de ce commandement à l’époque de la sortie d’Egypte ; nos ancêtres séjournaient dans le désert et ce type de viande – qui est déjà fragile – pouvait être dangereux pour eux. Aujourd’hui, par contre nous avons des moyens techniques qui nous permettent de garder cette viande à l’état sain. Pourquoi est-il encore interdit de consommer cette viande ? ! »

Le Rabbin lui dit alors : « Dites-moi franchement, cette question vous est venue à l’esprit avant ou après avoir consommé du ‘Hazir – porc ? »

 « Je reconnais en avoir déjà mangé, » répondit l’homme.

 « Alors, je suis désolé, » répliqua le Rabbin. « Je ne peux répondre. Je ne suis capable de répondre qu’à des questions, pas à des réponses. »

Examen de "Passage"

Les célèbres frères, Rabbi Éliméle’h de Lizansk et Rabbi Zoussia de Anipoli avaient une façon bien particulière d’appréhender leur passage devant le Tribunal Céleste.

Rabbi Éliméle’h disait : « Je n’ai aucun doute sur le fait que j’aille au Gan Eden. Car lorsque l’on me demandera, là-haut, si j’ai étudié selon mes réelles capacités, je répondrai :’Non !’ Puis, on me demandera si ma prière fut toujours prononcée de tout cœur, je répondrai :’Non !’ Enfin, on me demandera si j’ai rempli mes obligations face aux Mitsvoth. Je répondrai encore :’Non !’

« Alors on me dira : ‘Au moins tu as dit la vérité ; dans ce cas tu mérites l’entrée au Gan Eden !’ »

Tandis que Rabbi Zoussia tenait pour sa part ces propos : « Lorsque je me présenterai devant le Tribunal Céleste et que l’on me demandera pourquoi n’étais-je pas comme Avraham, je saurai quoi répondre. Si on me demande pourquoi n’étais-je pas comme les autres Patriarches ou comme Moché Rabbénou, je saurai certainement répondre. »

« Malheureusement, je crains que je ne sache pas répondre si on me demande : ‘ Pourquoi n’étais-tu donc pas tel que Zoussia devait être ? ! »

Petit ou Grand Alef ?

Le jour où le Tséma’h-Tsédek  devait se rendre pour la première fois au ‘Heder – école religieuse –, il fut accompagné par son grand-père, Rabbi Chnéour-Zalman. Le Rabbi demanda, alors, au Mélamed – maître d’école – de commencer sa leçon par le premier passage de Vayikra.

Après le cours, l’enfant demanda à son grand-père : « Pourquoi le Alef de Vayikra est-il écrit en taille réduite ? »

Rabbi Chnéour-Zalman se mit à réfléchir et répondit : « Les lettres de la Torah sont de taille moyenne. Dans certains cas exceptionnels, elles sont écrites en taille supérieure ou inférieure à la moyenne. »

« Adam était la créature de D-ieu Lui-même, c’est pourquoi il était doté d’une intelligence supérieure à la normale. Elle dépassait aussi le niveau de la sagesse des anges. Conscient de ses qualités, il devint rapidement fier et orgueilleux. Ceci le mena à la chute et le poussa au péché de l’Arbre de la Connaissance. »

« Moché était doté de qualités exceptionnelles et il en était conscient. Cependant, cela n’éveilla pas chez lui quelque sentiment d’orgueil ; au contraire, son cœur était empli de modestie. »

« Moché considérait qu’il jouissait d’une situation particulière, mais que si un autre Juif avait reçu le même privilège que lui, il aurait certainement atteint, à partir de ce potentiel, un degré supérieur au sien. Un autre homme aurait achevé des missions plus importantes que Moché ben Amram. »

« Adam était conscient et fier de ses aptitudes ; il pécha. C’est pour cela que la Torah utilise, une fois (Chroniques 1 – 1), un grand Alef en écrivant son nom. Tandis que lorsque la Torah rapporte que D-ieu s’adressa à Moché – l’homme le plus humble – elle écrit Vayikra – il appela – avec un petit Alef. »

Aujourd'hui ! Pas Demain !

Rabbi Avraham de Slonim – auteur du livre « Beth Avraham » – s’est entretenu, un jour, avec un jeune Juif, assez brillant, qui avait quitté, à cause de mauvaises fréquentations, la voie de la Torah. Ce jeune homme passait son temps avec des révoltés qui ne se référaient ni à D-ieu ni à Sa loi. Le Tsaddik s’adressa à lui par des mots venant du cœur pour tenter de le remettre sur le droit chemin.

Le jeune homme fut touché par les paroles chaleureuses du maître, et il fut convaincu qu’il devait faire Téchouva. Néanmoins, il avait le sentiment qu’il lui serait trop difficile de couper les ponts avec ses camarades d’un seul coup. Il voulait que cela se fasse graduellement. Il demanda, alors, à Rabbi Avraham qu’il lui permette de passer cette journée – qui serait la dernière – avec ses amis.

« Demain, je deviendrai un autre homme ! » s’engagea-t-il.

« Non ! Il n’en est pas question ! » répliqua le Tsaddik. « Ce n’est pas ainsi qu’il faut faire pour procéder à un changement catégorique. Lorsque Hachem voulut donner la Torah, Il dit à Moché : ‘Vous vous sanctifierez aujourd’hui et demain’. Cette indication constitue la réponse au Yetser Hara qui tente toujours de repousser à demain le changement. D-ieu vient ici nous dire que la sanctification doit être entreprise dès aujourd’hui et que demain sera un autre jour ! »

L'Air du Temps

Un jour, un homme se mit à sonner du Choffar sur les montagnes du Galil se prenant pour le Machia’h. Les habitants de la région, ne savant quoi penser, accoururent chez Rabbi Mena’hem Mendel Hordoker – qui vivait à Tibériade – pour lui demander son avis.

Le Tsaddik entendit avec attention la nouvelle, se dirigea vers la fenêtre, l’ouvrit et se mit à humer l’air de l’extérieur ; puis, il se tourna vers ses visiteurs et leur dit : « Non, malheureusement, ce n’est pas encore Machia’h. »

Lorsque la Rabbanith Haya Mouchka racontait cette histoire, elle demandait : « Pourquoi avait-il besoin d’ouvrir la fenêtre pour sentir que Machia’h n’était pas encore là ? Ne pouvait-il pas faire cela chez lui ?! »

Elle répondait : « Rabbi Mena’hem Mendel Hordoker vivait à l’heure du Machia’h, toute sa vie, c’est pourquoi chez lui cela sentait de toute façon l’ère Messianique. »

Le Fruit de l'Effort

Une fois, au cours du festin de Pourim – Séoudath Pourim – Rabbi Noa’h de Le’hovitch annonça à ses ‘Hassidim :

« Nos sages nous recommandent au sujet de la journée de Pourim ‘qu’il faut donner à tous ceux qui tendent la main !’ Aujourd’hui, plus qu’un autre jour, nous devons donner la charité à celui qui la réclame ! »

« C’est pourquoi, » poursuivit le maître, « je m’engage à aider celui qui souhaite recevoir un cadeau – un coup de pouce – dans le domaine du service de D-ieu. »

De nombreux ‘Hassidim s’empressèrent, alors, de présenter leur requête au Tsaddik. Certains demandèrent une bénédiction pour développer le sentiment d’amour pour Hachem, d’autres pour avoir plus de ferveur dans la prière, tandis que les malins réclamèrent la réussite dans toutes leurs entreprises matérielles et spirituelles. Un seul disciple resta silencieux ! C’était le jeune Rabbi Moché de Kobrin.

Rabbi Noa’h l’interpella : « Et toi Moché, quels sont tes désirs ? »

« Je ne recherche aucun cadeau ! » répliqua l’élève. « Je suis comme un soldat. Je désire travailler, entreprendre et progresser dans le service de D-ieu, par mes propres efforts ! »

Notons que, plus tard, Rabbi Moché succéda à son maître, Rabbi Noa’h.

Faire des Miracles

Lors d’une audience que le Rabbi MH”M accorda – dans les années soixante – à un groupe d’étudiants, l’un d’eux lui demanda s’il pouvait réellement – ainsi que le proclament ses disciples – accomplir des miracles.

« Le monde physique n’est pas dissocié du monde spirituel puisqu’il en est l’émanation, »  expliqua le Rabbi. « Aussi, lorsqu’une personne établit un lien avec les dimensions spirituelles en pratiquant une Mitsva, elle se trouve liée à D-ieu, elle a, ainsi, le moyen d’affecter ce monde matériel de façon imprévisible. Chacun des hommes a le choix d’établir ou non ce lien avec le monde spirituel. »

« Nous devons faire le bon choix, » poursuivit le Rabbi. « Nous devons utiliser toutes nos forces à vivre de façon vertueuse, à aider chaque personne que nous rencontrons à vivre, elle aussi, en parfaite intelligence, et l’encourager à augmenter les actes de bonté et à vaincre le mal. En résumé : notre mission est de rendre le monde meilleur. »

Puis, le Rabbi conclut : « En définitive, s’il nous est possible d’inspirer des étudiants, des jeunes gens comme vous et vos camarades, à œuvrer au sein de ce monde pour y accomplir des choses salutaires, alors, oui, nous pouvons accomplir des miracles. »

Pourquoi s'inquiéter

Une année, juste après l’allumage des lumières de ‘Hannouca, Rabbi Avraham Yéhochoua Heschel de Apta sortit de chez lui, jeta un regard sur les environs, leva les yeux et se mit à scruter le ciel. Il s’attarda ainsi pendant plus d’un quart d’heure, puis il retourna chez lui l’air dépité et abattu.

Un petit peu plus tard, le Tsaddik sortit de nouveau, mais cette fois, lorsqu’il revint, il avait une tout autre humeur. Il s’assit et c’est avec le sourire aux lèvres qu’il expliqua à ses disciples les dessous de ce qui venait de se passer.

« Lorsque je suis sorti la première fois, » dit le maître, « j’ai regardé notre petite bourgade de Medzhiboz, je me suis alors aperçu que tout le budget – pour l’année en cours – qui a été alloué le jour de Roch-Hachanna aux habitants de la ville, a déjà été dépensé. Nous ne sommes que ‘Hannouca ! Il reste encore neuf mois à vivre cette année ! C’est pour cela que je suis rentré si triste et brisé. »

« Puis, après réflexion, je décidais de sortir une deuxième fois, car j’espérais ne pas avoir vu juste. Malheureusement, je ne m’étais pas trompé ; sauf sur un point. En effet, la communauté est à court de moyens, mais cela fut aussi le cas l’année passée à la même époque. Néanmoins, D-ieu nous a fourni dans Son infinie bonté, tous nos besoins jusqu’au dernier jour de l’année. Il n’y a donc pas de raison de s’inquiéter puisque je sais que cette année Il procédera de la même manière et Il fournira à chacun de nous tout ce que nous pouvons souhaiter. »

Les Sentiers de l'Amour

Un Rabbin opposé au ‘Hassidisme vint un jour rendre visite à Rabbi Avraham de Stretyn et il lui dit d’un air moqueur : « J’ai appris que vous détenez des pouvoirs extraordinaires et que vous êtes capable de donner des Ségouloth – des remèdes spirituels – pour toutes sortes de maux. Pouvez-vous, s’il vous plait, me donner une Ségoula pour acquérir la crainte de D-ieu. »

« Je crains fort ne pas pouvoir vous aider ; je n’ai rien pour la crainte de D-ieu,» répondit Rabbi Avraham. « Par contre, je peux vous aider si vous voulez avoir l’amour de D-ieu. »

Le Rabbin lui répondit : « Qu’il en soit ainsi ! N’est-il pas convenu que de servir Hachem par amour est supérieur à la crainte ? ! »

« Je vais donc vous révéler le moyen d’atteindre l’amour de D-ieu, » lui dit le Tsaddik. « La Ségoula pour arriver à l’amour de D-ieu est de passer par l’amour de son prochain. Celui qui vivra en harmonie avec son prochain ne sera plus très loin de l’amour de D-ieu. »

Etre Un Exemple

Un homme d’affaires Canadien – Monsieur S. – vint, un jour, rendre visite au Rabbi MH’’M et, s’adressant à lui dans un hébreu hésitant, il dit :

« Mon grand-père était un Talmid ‘Ha’ham – un érudit. Il avait étudié dans la célèbre Yéchiva de Telz. Tandis que moi, cela fait de nombreuses années que j’avais oublié que j’étais Juif. Maintenant que les Rabbanim Paris et Zirkind, ainsi que d’autres Loubavitch, sont installés à Montréal, ils m’ont aidé à me souvenir de ce que je suis vraiment au fond de mon cœur. »

« Rabbi, votre action dans le monde est si bénéfique pour le peuple Juif, car plus aucun Juif ne pourrait oublier qu’il est juif. C’est une excellente chose. »

Et comme pour s’excuser, il ajouta : « Mon hébreu n’est pas parfait ; donc, je ne sais pas comment vous expliquer le fond de ma pensée. »

Le Rabbi répliqua avec un sourire : « Vos mots sont bons et vos actions sont bonnes. Dans le domaine des Mitsvoth, il est dit ‘Mida Kénégued Mida – Mesure pour mesure’. » C’est-à-dire que l’homme doit agir dans la même direction des bontés qui nous sont données.

« C’est pourquoi, » poursuivit le Rabbi, « cherchez et trouvez, dès votre retour au Canada, un autre Juif qui aurait oublié ce qu’il a appris dans sa jeunesse. Enseignez-lui, alors, que lui aussi devrait suivre votre exemple en étudiant la Torah et en faisant l’effort d’ajouter dans la pratique. » 

Le Fruit de l'Effort

Un jour, un ‘Hassid de Rabbi Aaron Leïb de Prémishlan rendit visite à Rabbi Eliméle’h de Lizansk. A la fin de l’entrevue, le Tsaddik demanda au disciple de transmettre un message urgent à son maître : « Dis-lui qu’il arrête d’être si orgueilleux ! »

Le ‘Hassid s’empressa à transmettre le message à son maître nos sans exprimer son étonnement. Rabbi Aaron Leïb écouta attentivement sans laisser transparaître quelque sentiment. Cependant, le jeune Tsaddik décida de se rendre pour le prochain Chabbath à Lizansk afin d’éclaircir cette énigme.

Le Jeune Rabbin fut reçu par Rabbi Eliméle’h avec tous les honneurs et il passa un Chabbath merveilleux auprès du grand Tsaddik. A l’issue de la sainte journée Rabbi Aaron s’empressa de demander à Rabbi Eliméle’h quel était le sens de son message.

« Vois-tu, » répondit Rabbi Eliméle’h, « j’ai eu la visite ces derniers jours du prophète Elie – Eliahou Hanavi – qui m’a appris que tu as refusé son enseignement !  »

Rabbi Aaron Leïb répliqua aussitôt : « Je n’ai pas changé d’avis ! Je préfère apprendre et découvrir la Torah par mes propres moyens. L’effort est indissociable de la Mitsva de l’étude. »

Tous des Diamants

Un jour, un ‘Hassid de Rabbi Chalom Dov Ber de Loubavitch vint se plaindre devant son maître en exprimant son mécontentement sur l’habitude du Tsaddik de donner trop d’importance aux simples Juifs. Le disciple s’étonna que l’on puisse apprécier toutes ces personnes qui n’avaient – selon lui – aucune qualité.

Le Rabbi fit mine de changer de sujet et demanda à son élève – qui était négociant en diamants – comment allaient ses affaires.

« Bien, Barou’h Hachem. » répondit le disciple. « D’ailleurs, je m’apprête à voyager à une foire où je vais essayer de vendre quelques magnifiques joyaux que j’ai ici. »

« Puis-je jeter un œil ? » demanda le Rabbi. Après quelques minutes d’examen, Rabbi Chalom Dov Ber s’exclama : « Je ne vois pas ce que ces cailloux ont de spécial ! »

« Mais, Rabbi ! Ce n’est pas votre métier, votre spécialité ! » répliqua le ‘Hassid.

« C’est bien là où je voulais en venir ! Ne porte pas de jugement sur ma manière d’apprécier les simples hommes ; tu n’es pas un spécialiste des âmes, les joyaux de D-ieu ! »

Honnêteté

Rabbi Zoussia de Hanipoli était sans le sou, pourtant, il restait calme et confiant en Hachem en dépit des épreuves qu’il traversait. Mais voilà que depuis quelques jours, sa femme lui réclamait une nouvelle robe. Il se mit à économiser et une fois que la somme nécessaire fut récoltée, il acheta un beau tissu que sa femme apporta chez un tailleur.

Il pensait, à présent, retrouver la tranquillité ; mais qu’elle ne fut pas sa surprise lorsqu’il s’aperçut, vendredi, que son épouse avait l’air triste.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » demanda-t-il. « Grâce à D-ieu, tu as obtenu ce que tu souhaitais. N’est-ce pas ? »

La Rebbetzin raconta alors que lorsque le tailleur vint enfin avec la robe, il laissa échapper un soupir. Pour s’expliquer, il dit que son futur gendre l’avait surpris pendant qu’il confectionnait le vêtement et qu’il s’était mis en colère quand il avait appris que la belle robe n’était pas réservée à sa fiancée, la fille du tailleur. C’est pourquoi l’artisan était tant contrarié. « En voyant la détresse du pauvre homme, » conclut la Rebbetzin, « je lui ai remis la robe pour qu’il l’offre à sa fille. »

« C’est très bien ! » s’exclama Rabbi Zoussia. « J’espère aussi que tu as eu le soin de payer son travail ? »

« Non, » répondit la femme, « puisque je lui ai rendu la robe. »

« Comment peut-on tromper un pauvre homme à ce point ! » protesta le Tsaddik. « Figure-toi qu’une semaine durant, cet homme travailla dur pour toi et non pour sa fille. Il attendait anxieusement la fin de son travail pour recevoir son dû et acheter de la nourriture pour les siens. Que va-t-il faire maintenant ? Est-il responsable que tu lui aies offert cette robe pour sa fille ! »

La Rebbetzin écouta sérieusement son mari et s’empressa de payer le tailleur pour ses efforts.

Encore et Encore !

Un homme pieux et généreux – que l’on nommait Yekélé Rashes – vivait dans la ville de Kobrin. Il était le tailleur attitré de tous les nobles et seigneurs de la région. Lorsqu’il rendit visite pour la première fois à Rabbi Noa’h de Le’hovitch, le Tsaddik l’interpella au sujet de l’usage des tailleurs de l’époque de profiter des chutes des tenues qu’ils préparaient. Ils sur-mesuraient délibérément le tissu nécessaire pour fabriquer la commande de leur client et ils récupéraient – grâce à ce stratagème – des gains non négligeables.

Yekélé répondit directement qu’il se conduisait, en la matière, comme le reste de ses compagnons. Le Tsaddik lui expliqua alors que cela n’était pas honnête, et à partir de ce jour, notre ami ne succomba plus à l’appât du gain. A la place, il annonçait au client qu’il venait de découvrir une nouvelle technique qui permettait au tailleur d’être précis dans sa coupe et  de ne plus perdre de tissu inutilement ; néanmoins, arguait-il, le travail méritait d’être mieux payé qu’auparavant puisqu’il était fait dans les règles de l’art.

Une année, il passa la fête de Pourim auprès de son maître. Le lendemain, le jour de Chouchan Pourim, alors qu’il se rendait à la synagogue, il aperçut des personnes qui achetaient du bois pour la cheminée. Quel ne fut pas son étonnement, lui qui était si charitable de s’apercevoir que des individus de la communauté avaient encore des espèces de si bonne heure alors que la coutume veut que la journée de Pourim soit consacrée à la Tsédaka. Il s’en alla aussitôt s’enquérir auprès de Rabbi Noa’h : « Comment  est-ce possible que ces personnes aient de l’argent si tôt ! N’ont-ils pas tout donné hier ? »

Le maître l’écouta attentivement et lui répondit : « Tu as raison ! Mais as-tu réalisé que les personnes qui sont dehors en ce moment et qui achètent le bois sont précisément ceux – les pauvres et les démunis – qui ont reçu de l’argent hier…Voilà pourquoi, ils en ont aujourd’hui ! »

Plus Vite, Plus Vif

Un Hassid qui vivait près de Loubavitch avait marié sa fille à un jeune Talmid ‘Ha’ham, un étudiant très prometteur en matière de connaissance de la Torah. Le beau-père était si fier qu’il s’engagea à subvenir aux besoins du jeune couple afin que le jeune homme puisse se consacrer à ses études sans aucun souci.

Mais peu de temps après, le jeune prodige se retrouva en mauvaise compagnie et il se mit, très vite à négliger ses études, puis il commença à se détourner des sentiers de la Torah. C’est après des efforts considérables que le beau-père angoissé réussit à persuader son gendre de rencontrer le Tséma’h-Tsédek, Rabbi Ménachem Mendel de Loubavitch.

« Dis-moi, » dit le Rabbi au jeune génie qui avait maintenant la passion des courses de chevaux, « qu’est-ce qui fait la supériorité d’un cheval rapide ? Il est capable de traverser une vingtaine de kilomètres pendant qu’un cheval moyen en parcourt simplement quatre ; mais lorsqu’il s’engage dans une mauvaise direction, il s’éloigne de sa destination initiale cinq fois plus vite ! »

« C’est exact ! » reconnut le jeune homme. « Dans ce cas la rapidité du cheval est à son désavantage. »

Puis le Rabbi poursuivit sa démonstration. Ce sont ces derniers mots qui touchèrent le jeune homme dans le fond du cœur : « Souviens-toi, cependant, qu’aussitôt que le cheval réalisera qu’il s’est égaré, il pourra rejoindre le droit chemin beaucoup plus rapidement qu’un cheval moyen. »

Trop Long

Rabbi Israël de Rouzin rentra un jour de Roch-Hachanna dans sa synagogue et il s’adressa à ses élèves en ces termes :

« Permettez-moi    de vous raconter une petite histoire ! Une fois, un paysan se rendit pour la fête de Roch-Hachanna en ville. Cet homme – comme beaucoup de paysans à son époque – était analphabète ; il ne savait ni prier, ni étudier. A la Shul, il passait son temps à observer les fidèles en attendant que l’office se finisse. »

« Quel ne fut pas son étonnement lorsqu’il s’aperçut qu’au moment de la Amida, la synagogue se drapa de gravité et que pratiquement tous les fidèles se mirent à pleurer. »

« Pourquoi toute cette peine ? Pourquoi tant de pleurs ? » se demanda le paysan. « Je ne comprends pas, il n’y a pourtant pas eu de dispute ! ? Il y avait une bonne ambiance ! »

« Après réflexion, le paysan conclut que l’office se prolongeant, les fidèles doivent avoir faim. Et puisque le paysan avait lui aussi faim, il se joignit à l’assemblée et il se mit aussi à pleurer. »

« Après la Amida, les personnes cessèrent de pleurer. Le paysan mit alors en doute sa théorie, jusqu'au moment où une idée lumineuse jaillit de son esprit : Bien-sûr, ils ne pleurent plus, car ils se consolent du fait qu’ils ont laissé le Tcholent sur le feu avant de partir. Or, il est recommandé de laisser mijoter ce plat pendant de longues heures afin d’attendrir la viande. La longueur de la prière ne fera qu’améliorer le goût ! »

« On fit la lecture du Sefer Torah puis la communauté se concentra sur les préparatifs pour le Choffar. L’atmosphère se glaça encore une fois et tous se mirent à pleurer. Notre paysan ne comprenait plus rien, mais après une rude réflexion, il s’exclama : ‘C’est peut-être vrai qu’il est préférable que le plat mijote, mais l’assemblée n’en peux plus ! Elle n’a plus la force d’attendre !’ Le pauvre homme se remit alors à pleurer. »

Rabbi Israël conclut son récit et ajouta : « Mes amis, ce récit est en fait une parabole sur le Galouth – l’exil. 

Matériel et Spirituel

Les élèves du Maguid de Mézéritch avaient organisé un Farbrenguen – une réunion ‘Hassidique – afin de revoir ensemble les enseignements du maître. Aussi, les paroles de Torah étaient entrecoupées par des Nigounim – des chants – et par des Lé’haïm.

Rabbi Chnéour-Zalman de Liadi – le plus jeune de la Sainte Confrérie – leva son verre et dit : « Lé’haïm ! Lé’haïm, mes amis ! Que D-ieu nous donne la réussite dans le domaine matériel et dans le domaine spirituel ! »

Ses camarades furent étonnés de la formule employée : « Comment peux-tu mettre le matériel avant le spirituel ?! »

« Ne soyez pas étonnés ! » répondit Rabbi Chnéour-Zalman. « Yaakov, notre Patriarche, n’a-t-il pas formulé ainsi sa requête à Hachem : ‘S’Il me protège dans la voie où je marche, s’Il me donne du pain à manger et des vêtements pour me couvrir ; si je retourne en paix à la maison paternelle, le Seigneur sera un D-ieu pour moi !N’évoque-t-il pas les besoins matériels avant les spirituels ?! »

Ses amis le reprirent aussitôt : « Oui, mais le matériel de notre Saint Patriarche Yaakov n’a pas la même valeur que le nôtre, il est bien plus élevé ! »

« Ne croyez-vous pas, » répliqua Rabbi Chnéour-Zalman, « que le spirituel de Yaakov était à l’échelle de son matériel – c’est à dire, bien supérieur – et malgré cela, Yaakov donna la priorité dans sa prière aux besoins matériels ! »

Tsédaka Toujours

Au lendemain de la fête de Pourim, alors que tout le monde retournait à ses occupations, Rabbi Méïr Chalom de Porisov avait convoqué chez lui tous les pauvres de la ville. Une fois réunis, le Rabbin remit à chacun d’entre eux une donation honorable.
Ses disciples attendirent la fin du manège et vinrent aussitôt l’interroger : « Maître, pourquoi avez-vous convoqué, aujourd’hui, tous ces nécessiteux ? Nous venons à peine de quitter la fête de Pourim qui est traditionnellement consacrée à la bienfaisance. Toute la communauté a participé avec largesse aux Mitsvoth de Michloa’h Manoth – envoi de mets – et de Matanoth Laéviyonim – cadeaux pour les pauvres ! Où est donc l’urgence de l’action que vous avez menée ? »

« C’est précisément pour cela que j’ai agi ainsi. » répliqua le Rabbin. « Je crains que notre communauté ne vienne à penser que les actes de bienfaisance se limitent à la journée de Pourim. Je tenais, par cette action exceptionnelle, à donner l’exemple. La Tsédaka est une Mitsva de tous les jours ! »

Ecouter La Lecture du Sefer

Rabbi Lévi-Yits’hak Schneerson – le père du Rabbi MH’’M – dirigeait la communauté de Russie et d’Ukraine pendant les années les plus sombres du stalinisme. Malgré les pressions du gouvernement, il ne fit aucune concession et risqua sa vie pour que la tradition soit maintenue. Il fut malheureusement arrêté en 1939, et condamné à l’exil et aux travaux forcés au Kazakhstan.

Au cours d’un dernier Chabbath de sa vie, on organisa un office secret dans le camp de Alma-Ata et Rabbi fut invité à lire la Haftara – extrait d’un texte des Prophètes lu traditionnellement après la Paracha. C’est avec une grande ferveur et une dévotion sans limite qu’il s’exécuta. A l’issue de la lecture, les membres de la communauté insistèrent pour qu’il prenne la parole et pour qu’il fasse un commentaire de la Haftara.

Le Tsaddik refusa, alors, et il leur dit : « Si seulement vous aviez été plus attentifs pendant la lecture, vous auriez remarqué que j’ai déjà exprimé tout ce qu’il y avait à dire sur le sujet ! »

Pleine de Prières

Au cours d’un de ses nombreux voyages, le Baal Chem Tov visita la synagogue d’un village. Il fit un rapide tour du propriétaire et s’exclama : « Que cette synagogue est pleine de prières ! »

Les disciples qui l’accompagnaient s’empressèrent d’organiser un office dans ce lieu qui – ainsi avaient-ils compris – était certainement un lieu empreint d’une certaine sainteté.

Le Baal Chem Tov voyant ses élèves s’activer, les arrêta et leur demanda : « Que faites-vous ? »

« Maître, ne nous as-tu pas révélé que ce lieu était spécial ! » répliqua un ‘Hassid.

« Vous n’avez pas compris mes propos. » répondit le Tsaddik. « Seules les prières prononcées avec Kavana – intention profonde – méritent de rejoindre les Cieux. Aussi, les prières prononcées dans ce lieu révèlent leur véritable nature puisqu’elles emplissent encore l’enceinte de cette synagogue. »

Le Prix d'une Mitsva

Rabbi Yits’hak Gourevitch – célèbre ‘Hassid connu sous le nom de Rabbi Yitché Matmid – raconta, un jour, à un groupe de ‘Hassidim :

Une fois, deux âmes se croisèrent entre le Ciel et la Terre. La première descendait dans le but de s’incarner dans un corps et commencer une existence physique ; la seconde revenait vers D-ieu après de bons et loyaux services, une vie durant.

« Peux-tu me renseigner sur la nature de ce qui m’attend sur Terre ? Comment les choses se déroulent-elles là-bas ? » demanda l’âme qui descendait.

« Vois-tu, on peut sur Terre, pour trois Kopecks, acheter des franges pour faire des Tsitsith, » répondit l’âme en ascension.

L’âme qui descendait venait d’apprendre auprès des anges la valeur et l’impact inestimables de la Mitsva de Tsitsith ; elle s’exclama alors : « Comment ! Des Tsitsith pour seulement trois Kopecks ! »

« Ne sois pas si enthousiaste ! » répliqua aussitôt l’âme qui montait. « Tu te rendras vite compte des difficultés qu’il faudra surmonter pour gagner ces trois Kopecks ! »

Le Produit de l'Effort

Rabbi Chalom Dov Ber avait usage, avant d’aller en voyage, de se tenir près du carrosse pour voir charger les caisses de manuscrits dont il ne se séparait jamais.

Une fois, il remarqua que le cocher se mit à graisser les essieux alors que le carrosse était déjà chargé. « Mon ami, » demanda le Rabbi, « n’aurait-il pas été plus facile et plus confortable de procéder au graissage lorsque le véhicule était plus léger ? ! »  

Le cocher répondit : « Rabbi, vous avez raison. C’est bien plus facile de le faire lorsque la voiture est vide. Néanmoins, la graisse tient beaucoup mieux lorsque la charge est déjà posée. »

Rabbi Chalom Dov Ber sourit et se tourna vers les quelques ‘Hassidim qui étaient présents : « Voyez-vous, cet homme a raison, » dit-il. « Il en est ainsi dans le service de D-ieu : c’est lorsque la tâche paraît difficile que l’on peut être assuré que les efforts ne seront pas vains et que l’expérience laissera un véritable enrichissement spirituel. »

Passer l'Oral

Un Romain interpella, un jour, Rabbi Akiva : « Rabbi, je suis passionné par le Judaïsme. Je voudrais étudier ; mais attention, je ne suis pas intéressé par les interprétations rabbiniques que vous appelez la tradition orale. Je ne veux entendre parler que de la Torah Écrite ! »

En dépit de l’étonnante requête du gentil, Rabbi Akiva accepta et proposa au Romain de commencer de suite. « Bien, néanmoins, si tu as l’intention d’étudier la Torah, il faut d’abord apprendre à lire, » lui dit le Tsaddik. Rabbi Akiva commença en pointant sur les premières lettres : « Alef, Beth,Veth, Guimel, Daleth…Cela suffit pour aujourd’hui. Va et révise. A demain. »  

Le Romain prit les choses très au sérieux et il se mit à réviser assidûment jusqu’au lendemain. Au matin, il se présenta devant Rabbi Akiva. « Alef, Beth,Veth, Guimel, Daleth… » dit le Romain fièrement en montrant les premières lettres de l’alphabet.

Rabbi Akiva l’arrêta énergiquement : « Que dis-tu ! Tu mélanges tout ! » Sans attendre, Rabbi Akiva pointa à nouveau sur l’alphabet et dit au Romain : « Beth, Alef, Daleth, Beth, Guimel. »

« Mais cela ne correspond pas à l’ordre que tu m’as appris hier ! » s’exclama le Romain.

« En effet. Mais, comment m’as-tu fait confiance, hier ? ! Ce n’était pourtant qu’un enseignement oral ! »

 

Seulement Un Rappel

Un groupe de ‘Hassidim vint, une fois, chez Rabbi Israël de Rouzin pour se plaindre de la sécheresse qui frappait et qui mettait en danger leurs récoltes et leur bétail. Rabbi Israël les entendit et il leur demanda de le suivre. Il les mena par des sentiers détournés dans la forêt jusqu’à ce qu’ils arrivent au pied d’un certain arbre. Là, il fit signe à ses ‘Hassidim de s’asseoir et il leur dit :

« A l’époque du Baal Chem Tov, lorsqu’il y avait une sécheresse, il venait avec ses ‘Hassidim au pied de cet arbre ; il chantait un Nigoun – un chant ‘Hassidique ; il partageait avec eux un enseignement, et la pluie tombait. »

« Une génération plus tard, quand il y avait la sécheresse, mon grand-père, le Maguid de Mézéritch, guidait ses disciples jusqu’à cet arbre. Il leur racontait cette histoire du Baal Chem Tov, puis, il leur disait : ‘Bien que je ne me souvienne plus de l’enseignement de mon maître, je me rappelle encore du Nigoun ; je vais vous le chanter.’ Après avoir entonné le chant, la pluie se mettait à tomber. »

« Tandis que moi, » conclut Rabbi Israël, « je ne connais ni l’enseignement, ni même le Nigoun – la mélodie ; mais je connais encore cette histoire. Espérons que le fait de la raconter suffira pour faire tomber la pluie. »

Rabbi Israël et ses ‘Hassidim venaient à peine de quitter la forêt lorsque le ciel se mit à gronder de ses premiers tonnerres.

 

Des Paroles de Feu

 Rabbi Yits’hak, le ‘Hozé de Loublin, demanda, un jour, à son disciple, Rabbi Yaakov Yits’hak de Pshis’ha : « Mon cher Yid, peux-tu m’expliquer pourquoi tu te presses pour prononcer les mots de la prière ? »

Le jeune élève répondit : « Je les trouve si doux que je veux les avaler rapidement. »

« Penses-tu que je ne me délecte pas à la lecture de ces mots, moi aussi ? » demanda le maître.

 « Certainement, Rabbi, » répondit le disciple. « Mais, les phrases que vous prononcez sont comparables à des flammes ; il est donc difficile de les avaler ! »

Un Cho'heth Idéal

Un ‘Hassid avait appris le métier de Cho’heth et les lois les concernant, mais il refusa d’en remplir la fonction en dépit de l’insistance de sa communauté.

Rabbi Yossef Yits’hak de Loubavitch lui demanda, alors, quelle était la raison d’une telle décision. Le Hassid répondit : « En fait, j’ai trop peur d’assumer une telle responsabilité. La Cacherouth est une matière trop grave pour la prendre à la légère. »

Le Rabbi répliqua : « Justement, qui veux-tu que l’on installe à ce poste ? Penses-tu que l’on puisse engager une personne qui ne craint rien et qui n’a pas conscience de la gravité de la tâche ! »

Reconstruire !

Lorsque le Maguid de Mézéritch n’était qu’un enfant âgé de cinq ans, la maison de ses parents fut totalement détruite par un incendie.

Voyant le désespoir de sa maman, le jeune Tsaddik lui dit : « Pourquoi es-tu si triste, maman ? Enfin, heureusement ce n’est que la maison ! »

« ‘Has Véchalom ! A D-ieu ne plaise ! » répondit la pieuse femme. « Je ne suis pas triste pour la maison. Mais vois-tu nous avions en notre possession un arbre généalogique et il a disparu pendant la catastrophe. Notre lignée remonte jusqu’à Rabbi Yo’hanan Hassandlar, le disciple de Rabbi Akiva. Maintenant, il ne nous en reste plus aucun souvenir. »

« S’il en est ainsi, » répliqua aussitôt le jeune garçon, « ne te fais pas de souci ; car ce qui importe réellement, c’est que j’établisse une illustre lignée à mon tour. »

C'est Moi ?!

Reb Yoel était un ‘Hassid qui vivait dans le petit village de Tshopli où il tenait honnêtement une petite auberge. Il était apprécié – des membres de sa communauté, de ses clients et du seigneur qui lui louait le terrain – pour sa droiture et sa bonté.

Reb Yoel était un fervent disciple de Rabbi Mordé’haï de Lechovitch. Il lui rendait souvent visite pour écouter de nouvelles leçons. C’est d’ailleurs dans ce but qu’il fit l’acquisition d’un petit cheval blanc. 

Un jour, il se mit à languir son maître. Il voulait apprendre un nouvel enseignement, une de ces paroles qui lui donnerait un élan nouveau et qui l’aiderait à aller encore plus loin dans le raffinement de sa personne. Il était tant assoiffé qu’il prit la route sans attendre. Une fois arrivé devant la maison du Rabbi, il attacha son cheval et il se précipita vers l’entrée de la demeure.

Reb Yoel se mit à frapper avec vigueur sur la porte. « Ouvrez ! Ouvrez, s’il vous plait !  » s’exclama-t-il.

« Qui est là ? » demanda une voix.

« C’est moi ! » dit le ‘Hassid.

Il entendit alors la voix de Rabbi Mordé’haï qui lui dit à travers la porte : « Mais, qui ose donc, parmi les créatures de toute  la terre, dire ‘je suis’ en parlant de lui-même ! Il n’y a que D-ieu qui peut affirmer ‘Je suis’, personne d’autre !  »

Lorsque Reb Yoel entendit ces quelques mots venant de l’intérieur, il n’avait plus besoin d’entrer. Il reprit son petit cheval et il rentra chez lui. Sa soif s’était épanchée, il avait désormais matière à penser.

Ce N'est Pas Pour Demain

Rabbi Avraham de Slonim – auteur du livre « Beth Avraham » – s’est entretenu, un jour, avec un jeune Juif, assez brillant, qui avait quitté, à cause de mauvaises fréquentations, la voie de la Torah. Ce jeune homme passait son temps avec des révoltés qui ne se référaient ni à D-ieu ni à Sa loi. Le Tsaddik s’adressa à lui par des mots venant du cœur pour tenter de le remettre sur le droit chemin.

Le jeune homme fut touché par les paroles chaleureuses du maître, et il fut convaincu qu’il devait faire Téchouva. Néanmoins, il avait le sentiment qu’il lui serait trop difficile de couper les ponts avec ses camarades d’un seul coup. Il voulait que cela se fasse graduellement. Il demanda, alors, à Rabbi Avraham qu’il lui permette de passer cette journée – qui serait la dernière – avec ses amis.

« Demain, je deviendrai un autre homme ! » s’engagea-t-il.

« Non ! Il n’en est pas question ! » répliqua le Tsaddik. « Ce n’est pas ainsi qu’il faut faire pour procéder à un changement catégorique. Lorsque Hachem voulut donner la Torah, Il dit à Moché : ‘Vous vous sanctifierez aujourd’hui et demain’. Cette indication constitue la réponse au Yetser Hara qui tente toujours de repousser à demain le changement. D-ieu vient ici nous dire que la sanctification doit être entreprise dès aujourd’hui et que demain sera un autre jour ! »