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Matériel et Spirituel Les élèves du Maguid de Mézéritch avaient organisé un Farbrenguen – une réunion ‘Hassidique – afin de revoir ensemble les enseignements du maître. Aussi, les paroles de Torah étaient entrecoupées par des Nigounim – des chants – et par des Lé’haïm. Rabbi Chnéour-Zalman de Liadi – le plus jeune de la Sainte Confrérie – leva son verre et dit : « Lé’haïm ! Lé’haïm, mes amis ! Que D-ieu nous donne la réussite dans le domaine matériel et dans le domaine spirituel ! » Ses camarades furent étonnés de la formule employée : « Comment peux-tu mettre le matériel avant le spirituel ?! » « Ne soyez pas étonnés ! » répondit Rabbi Chnéour-Zalman. « Yaakov, notre Patriarche, n’a-t-il pas formulé ainsi sa requête à Hachem : ‘S’Il me protège dans la voie où je marche, s’Il me donne du pain à manger et des vêtements pour me couvrir ; si je retourne en paix à la maison paternelle, le Seigneur sera un D-ieu pour moi !’ N’évoque-t-il pas les besoins matériels avant les spirituels ?! » Ses amis le reprirent aussitôt : « Oui, mais le matériel de notre Saint Patriarche Yaakov n’a pas la même valeur que le nôtre, il est bien plus élevé ! » « Ne croyez-vous pas, » répliqua Rabbi Chnéour-Zalman, « que le spirituel de Yaakov était à l’échelle de son matériel – c’est à dire, bien supérieur – et malgré cela, Yaakov donna la priorité dans sa prière aux besoins matériels ! » Tsédaka Toujours Au lendemain de la fête de Pourim, alors que tout le monde retournait à ses occupations, Rabbi Méïr Chalom de Porisov avait convoqué chez lui tous les pauvres de la ville. Une fois réunis, le Rabbin remit à chacun d’entre eux une donation honorable. Ecouter La Lecture du Sefer Rabbi Lévi-Yits’hak Schneerson – le père du Rabbi MH’’M – dirigeait la communauté de Russie et d’Ukraine pendant les années les plus sombres du stalinisme. Malgré les pressions du gouvernement, il ne fit aucune concession et risqua sa vie pour que la tradition soit maintenue. Il fut malheureusement arrêté en 1939, et condamné à l’exil et aux travaux forcés au Kazakhstan. Au cours d’un dernier Chabbath de sa vie, on organisa un office secret dans le camp de Alma-Ata et Rabbi fut invité à lire la Haftara – extrait d’un texte des Prophètes lu traditionnellement après la Paracha. C’est avec une grande ferveur et une dévotion sans limite qu’il s’exécuta. A l’issue de la lecture, les membres de la communauté insistèrent pour qu’il prenne la parole et pour qu’il fasse un commentaire de la Haftara. Le Tsaddik refusa, alors, et il leur dit : « Si seulement vous aviez été plus attentifs pendant la lecture, vous auriez remarqué que j’ai déjà exprimé tout ce qu’il y avait à dire sur le sujet ! » Pleine de Prières Au cours d’un de ses nombreux voyages, le Baal Chem Tov visita la synagogue d’un village. Il fit un rapide tour du propriétaire et s’exclama : « Que cette synagogue est pleine de prières ! » Les disciples qui l’accompagnaient s’empressèrent d’organiser un office dans ce lieu qui – ainsi avaient-ils compris – était certainement un lieu empreint d’une certaine sainteté. Le Baal Chem Tov voyant ses élèves s’activer, les arrêta et leur demanda : « Que faites-vous ? » « Maître, ne nous as-tu pas révélé que ce lieu était spécial ! » répliqua un ‘Hassid. « Vous n’avez pas compris mes propos. » répondit le Tsaddik. « Seules les prières prononcées avec Kavana – intention profonde – méritent de rejoindre les Cieux. Aussi, les prières prononcées dans ce lieu révèlent leur véritable nature puisqu’elles emplissent encore l’enceinte de cette synagogue. »Le Prix d'une Mitsva Rabbi Yits’hak Gourevitch – célèbre ‘Hassid connu sous le nom de Rabbi Yitché Matmid – raconta, un jour, à un groupe de ‘Hassidim : Une fois, deux âmes se croisèrent entre le Ciel et la Terre. La première descendait dans le but de s’incarner dans un corps et commencer une existence physique ; la seconde revenait vers D-ieu après de bons et loyaux services, une vie durant. « Peux-tu me renseigner sur la nature de ce qui m’attend sur Terre ? Comment les choses se déroulent-elles là-bas ? » demanda l’âme qui descendait. « Vois-tu, on peut sur Terre, pour trois Kopecks, acheter des franges pour faire des Tsitsith, » répondit l’âme en ascension. L’âme qui descendait venait d’apprendre auprès des anges la valeur et l’impact inestimables de la Mitsva de Tsitsith ; elle s’exclama alors : « Comment ! Des Tsitsith pour seulement trois Kopecks ! » « Ne sois pas si enthousiaste ! » répliqua aussitôt l’âme qui montait. « Tu te rendras vite compte des difficultés qu’il faudra surmonter pour gagner ces trois Kopecks ! » Le Produit de l'Effort Rabbi Chalom Dov Ber avait usage, avant d’aller en voyage, de se tenir près du carrosse pour voir charger les caisses de manuscrits dont il ne se séparait jamais. Une fois, il remarqua que le cocher se mit à graisser les essieux alors que le carrosse était déjà chargé. « Mon ami, » demanda le Rabbi, « n’aurait-il pas été plus facile et plus confortable de procéder au graissage lorsque le véhicule était plus léger ? ! » Le cocher répondit : « Rabbi, vous avez raison. C’est bien plus facile de le faire lorsque la voiture est vide. Néanmoins, la graisse tient beaucoup mieux lorsque la charge est déjà posée. » Rabbi Chalom Dov Ber sourit et se tourna vers les quelques ‘Hassidim qui étaient présents : « Voyez-vous, cet homme a raison, » dit-il. « Il en est ainsi dans le service de D-ieu : c’est lorsque la tâche paraît difficile que l’on peut être assuré que les efforts ne seront pas vains et que l’expérience laissera un véritable enrichissement spirituel. » Passer l'Oral Un Romain interpella, un jour, Rabbi Akiva : « Rabbi, je suis passionné par le Judaïsme. Je voudrais étudier ; mais attention, je ne suis pas intéressé par les interprétations rabbiniques que vous appelez la tradition orale. Je ne veux entendre parler que de la Torah Écrite ! » En dépit de l’étonnante requête du gentil, Rabbi Akiva accepta et proposa au Romain de commencer de suite. « Bien, néanmoins, si tu as l’intention d’étudier la Torah, il faut d’abord apprendre à lire, » lui dit le Tsaddik. Rabbi Akiva commença en pointant sur les premières lettres : « Alef, Beth,Veth, Guimel, Daleth…Cela suffit pour aujourd’hui. Va et révise. A demain. » Le Romain prit les choses très au sérieux et il se mit à réviser assidûment jusqu’au lendemain. Au matin, il se présenta devant Rabbi Akiva. « Alef, Beth,Veth, Guimel, Daleth… » dit le Romain fièrement en montrant les premières lettres de l’alphabet. Rabbi Akiva l’arrêta énergiquement : « Que dis-tu ! Tu mélanges tout ! » Sans attendre, Rabbi Akiva pointa à nouveau sur l’alphabet et dit au Romain : « Beth, Alef, Daleth, Beth, Guimel. » « Mais cela ne correspond pas à l’ordre que tu m’as appris hier ! » s’exclama le Romain. « En effet. Mais, comment m’as-tu fait confiance, hier ? ! Ce n’était pourtant qu’un enseignement oral ! »
Seulement Un Rappel Un groupe de ‘Hassidim vint, une fois, chez Rabbi Israël de Rouzin pour se plaindre de la sécheresse qui frappait et qui mettait en danger leurs récoltes et leur bétail. Rabbi Israël les entendit et il leur demanda de le suivre. Il les mena par des sentiers détournés dans la forêt jusqu’à ce qu’ils arrivent au pied d’un certain arbre. Là, il fit signe à ses ‘Hassidim de s’asseoir et il leur dit : « A l’époque du Baal Chem Tov, lorsqu’il y avait une sécheresse, il venait avec ses ‘Hassidim au pied de cet arbre ; il chantait un Nigoun – un chant ‘Hassidique ; il partageait avec eux un enseignement, et la pluie tombait. » « Une génération plus tard, quand il y avait la sécheresse, mon grand-père, le Maguid de Mézéritch, guidait ses disciples jusqu’à cet arbre. Il leur racontait cette histoire du Baal Chem Tov, puis, il leur disait : ‘Bien que je ne me souvienne plus de l’enseignement de mon maître, je me rappelle encore du Nigoun ; je vais vous le chanter.’ Après avoir entonné le chant, la pluie se mettait à tomber. » « Tandis que moi, » conclut Rabbi Israël, « je ne connais ni l’enseignement, ni même le Nigoun – la mélodie ; mais je connais encore cette histoire. Espérons que le fait de la raconter suffira pour faire tomber la pluie. » Rabbi Israël et ses ‘Hassidim venaient à peine de quitter la forêt lorsque le ciel se mit à gronder de ses premiers tonnerres.
Des Paroles de Feu Rabbi Yits’hak, le ‘Hozé de Loublin, demanda, un jour, à son disciple, Rabbi Yaakov Yits’hak de Pshis’ha : « Mon cher Yid, peux-tu m’expliquer pourquoi tu te presses pour prononcer les mots de la prière ? » Le jeune élève répondit : « Je les trouve si doux que je veux les avaler rapidement. » « Penses-tu que je ne me délecte pas à la lecture de ces mots, moi aussi ? » demanda le maître. « Certainement, Rabbi, » répondit le disciple. « Mais, les phrases que vous prononcez sont comparables à des flammes ; il est donc difficile de les avaler ! » Un Cho'heth Idéal Un ‘Hassid avait appris le métier de Cho’heth et les lois les concernant, mais il refusa d’en remplir la fonction en dépit de l’insistance de sa communauté. Rabbi Yossef Yits’hak de Loubavitch lui demanda, alors, quelle était la raison d’une telle décision. Le Hassid répondit : « En fait, j’ai trop peur d’assumer une telle responsabilité. La Cacherouth est une matière trop grave pour la prendre à la légère. » Le Rabbi répliqua : « Justement, qui veux-tu que l’on installe à ce poste ? Penses-tu que l’on puisse engager une personne qui ne craint rien et qui n’a pas conscience de la gravité de la tâche ! » Reconstruire ! Lorsque le Maguid de Mézéritch n’était qu’un enfant âgé de cinq ans, la maison de ses parents fut totalement détruite par un incendie. Voyant le désespoir de sa maman, le jeune Tsaddik lui dit : « Pourquoi es-tu si triste, maman ? Enfin, heureusement ce n’est que la maison ! » « ‘Has Véchalom ! A D-ieu ne plaise ! » répondit la pieuse femme. « Je ne suis pas triste pour la maison. Mais vois-tu nous avions en notre possession un arbre généalogique et il a disparu pendant la catastrophe. Notre lignée remonte jusqu’à Rabbi Yo’hanan Hassandlar, le disciple de Rabbi Akiva. Maintenant, il ne nous en reste plus aucun souvenir. » « S’il en est ainsi, » répliqua aussitôt le jeune garçon, « ne te fais pas de souci ; car ce qui importe réellement, c’est que j’établisse une illustre lignée à mon tour. » C'est Moi ?! Reb Yoel était un ‘Hassid qui vivait dans le petit village de Tshopli où il tenait honnêtement une petite auberge. Il était apprécié – des membres de sa communauté, de ses clients et du seigneur qui lui louait le terrain – pour sa droiture et sa bonté. Reb Yoel était un fervent disciple de Rabbi Mordé’haï de Lechovitch. Il lui rendait souvent visite pour écouter de nouvelles leçons. C’est d’ailleurs dans ce but qu’il fit l’acquisition d’un petit cheval blanc. Un jour, il se mit à languir son maître. Il voulait apprendre un nouvel enseignement, une de ces paroles qui lui donnerait un élan nouveau et qui l’aiderait à aller encore plus loin dans le raffinement de sa personne. Il était tant assoiffé qu’il prit la route sans attendre. Une fois arrivé devant la maison du Rabbi, il attacha son cheval et il se précipita vers l’entrée de la demeure. Reb Yoel se mit à frapper avec vigueur sur la porte. « Ouvrez ! Ouvrez, s’il vous plait ! » s’exclama-t-il. « Qui est là ? » demanda une voix. « C’est moi ! » dit le ‘Hassid. Il entendit alors la voix de Rabbi Mordé’haï qui lui dit à travers la porte : « Mais, qui ose donc, parmi les créatures de toute la terre, dire ‘je suis’ en parlant de lui-même ! Il n’y a que D-ieu qui peut affirmer ‘Je suis’, personne d’autre ! » Lorsque Reb Yoel entendit ces quelques mots venant de l’intérieur, il n’avait plus besoin d’entrer. Il reprit son petit cheval et il rentra chez lui. Sa soif s’était épanchée, il avait désormais matière à penser. Ce N'est Pas Pour Demain Rabbi Avraham de Slonim – auteur du livre « Beth Avraham » – s’est entretenu, un jour, avec un jeune Juif, assez brillant, qui avait quitté, à cause de mauvaises fréquentations, la voie de la Torah. Ce jeune homme passait son temps avec des révoltés qui ne se référaient ni à D-ieu ni à Sa loi. Le Tsaddik s’adressa à lui par des mots venant du cœur pour tenter de le remettre sur le droit chemin. Le jeune homme fut touché par les paroles chaleureuses du maître, et il fut convaincu qu’il devait faire Téchouva. Néanmoins, il avait le sentiment qu’il lui serait trop difficile de couper les ponts avec ses camarades d’un seul coup. Il voulait que cela se fasse graduellement. Il demanda, alors, à Rabbi Avraham qu’il lui permette de passer cette journée – qui serait la dernière – avec ses amis. « Demain, je deviendrai un autre homme ! » s’engagea-t-il. « Non ! Il n’en est pas question ! » répliqua le Tsaddik. « Ce n’est pas ainsi qu’il faut faire pour procéder à un changement catégorique. Lorsque Hachem voulut donner la Torah, Il dit à Moché : ‘Vous vous sanctifierez aujourd’hui et demain’. Cette indication constitue la réponse au Yetser Hara qui tente toujours de repousser à demain le changement. D-ieu vient ici nous dire que la sanctification doit être entreprise dès aujourd’hui et que demain sera un autre jour ! » Question de Priorité La communauté Juive de la Grande Russie traversait, au début du siècle, de grandes épreuves. Les responsables communautaires et les Rabbins s’étaient donné rendez-vous chez un riche ‘Hassid à S. Petersbourg pour une réunion d’urgence. Les discussions se prolongeant dans l’après-midi, le maître de maison proposa de servir le thé. Là, rabbins et responsables se trouvèrent face à un dilemme : c’était déjà l’heure de Min’ha – office de l’après-midi. Fallait-il alors servir le thé ou plutôt faire d’abord l’office de Min’ha ? Alors que le débat allait bon train, Rabbi Chalom DovBer de Loubavitch intervint et dit : « Mes chers amis ! En fait, la solution est simple. Tout dépend de ce que vous désirez faire tranquillement. Si c’est le thé que vous voulez boire sereinement, commencez par prier Min’ha ; mais, si c’est Min’ha que vous voulez faire sans souci, dans ce cas, buvons d’abord le thé ! » |