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Amande Amère/Amande Douce

Le calendrier hébraïque est jalonné d’événements qui sont tantôt joyeux, tantôt tristes. Mais c’est toujours avec beaucoup de difficultés que nous revivons les moments tragiques de notre histoire. C’est un peu comme si nous subissions une souffrance présente et que nous ne considérions pas que cela faisait partie d’une histoire lointaine. Peut-être parce qu’au travers de ces souvenirs se trament, se reflètent et s’accentuent tous les malheurs du monde. En ces jours, nous prenons conscience que malgré le confort apparent dont nous jouissons aujourd’hui, l’essence des problèmes n’est pas résolue. Nous sommes toujours en Galouth, en exil. Cet exil n’est pas seulement un exil physique ou géographique, il est d’abord spirituel. Il traduit le Galouth Hache’hinah – l’exil de la Présence Divine. 

Nous entrons, dès la semaine prochaine, dans la période la plus noire du calendrier juif. Cette période se nomme Beïn Hamétsrim et elle dure trois semaines. Ces 21 jours débutent par le jeûne du 17 Tammouz et se finissent par le jeûne du 9 Av commémorant la destruction du Temple.

Le 17 Tammouz est un jour où prirent place d’innombrables malheurs dans le courant de notre histoire, parmi lesquels : la brisure des Tables de la Loi et plus tard, la brèche dans la muraille de Yérouchalayim.

Ces 21 jours sont évoqués, en allusion, dans la prophétie de Jérémie (1 – 11,12) : « Je vois un rameau d’amandier – Chaked. Tu as bien vu, me dit l’E-ternel, car je vais me hâter d’accomplir ma parole. » D‑ieu annonce au prophète qu’un exil arrivera avec hâte. L’exil apparaît à Jérémie sous la forme d’un arbre hâtif, l’amandier, qui met 21 jours pour produire son fruit.

Cette période est consacrée à la Téchouva, au retour vers D-ieu. En ces jours, nous devons faire un examen minutieux de nos actes, et plus particulièrement de ceux qui concernent notre rapport à autrui. Car nos sages affirment que c’est par le manque d’amour du prochain que le Temple fut détruit.

Le Rabbi MH”M donna une nouvelle dimension à cette période. Nous ne devons pas nous limiter à pleurer sur le passé. Nous devons, par les actes d’aujourd’hui, bâtir l’avenir et faire dévoiler, ici et maintenant, le Machia’h. Nous devons rajouter chaque jour dans l’action de Tsédaka, car cet acte a le mérite – d’après le Talmud – d’approcher la Guéoulah.

Le Rabbi institua que l’on fixe, pendant cette période, des moments d’étude des textes de la Torah traitant du Beth-Hamikdach. Grâce à D-ieu, nous trouvons aujourd’hui, dans toutes les librairies juives, une vaste littérature francophone et, dorénavant, les textes du Talmud ou du Rambam n’ont plus de secrets (ou presque) pour personne.

Nos sages nous apprennent, dans le Midrash, que D-ieu dit à Yé’hezkiël que l’étude – des textes parlant du Temple – entreprise pendant l’exil est  génératrice de la construction du Beth-Hamikdach.

Nous avons donc le pouvoir et le devoir de transformer l’amande amère de l’exil en amande douce de la Guéoulah. Maïmonide nous rappelle, en effet, que le prophète (Zacharie 8 – 19) nous prédit que ces jours de jeûne deviendront, après la venue de Machia’h, des jours de fête.

Cela dépend de nous et de nos actes pour que ceci s’accomplisse le plus rapidement.

Rav Eliahou DAHAN

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