Livre de Chémoth

Parchath Yitro

La Torah Pour Tous - Le Grand Choffar - Le LÚviathan

Le Lion Rugissant - Plus Que Lui - Les Baisers de Sa Bouche

La Torah Pour Tous

« Au troisième mois depuis le départ des Béné-Israël d’Egypte, ce jour-là, ils arrivèrent au désert du Sinaï. »

 (Exode 19 – 1) 

La Torah fut donnée le mois de Sivan – le troisième mois du calendrier hébraïque – sous le signe des gémeaux, car Hachem ne désirait pas que les nations viennent, plus tard, se plaindre en disant que s’ils avaient reçu la Torah, ils l’auraient observée. Hachem donna, alors, la Torah sous le signe des gémeaux pour montrer à Essav – le jumeau de Yaakov – que s’il désirait sincèrement étudier la Torah, il serait le bienvenu.

« Ce jour-là, ils arrivèrent au désert du Sinaï » : Le verset spécifie et répète le terme « ce jour-ci » pour nous apprendre que chaque fois qu’un homme étudie la Torah, il doit considérer que celle-ci vient d’être donnée ce jour-là. Ainsi, l’homme l’analysera comme un texte nouveau.

« Ce jour-là » : D-ieu dit : Ce jour-là Je leur ai offert la Torah ; pourtant, il n’y a qu’une minorité qui s’y consacre avec assiduité. Par contre, aux Temps Messianiques, Je l’enseignerai à chacun d’entre eux et ils ne l’oublieront jamais, ainsi qu’il est écrit (Jérémie 31 – 34) : « Voici l’alliance que Je conclurai avec la Maison d’Israël, au terme de cette époque, Parole de Hachem, Je ferai pénétrer la Torah en eux et c’est dans leur cœur que Je l’inscrirai. » C’est d’ailleurs par la Torah que J’instaurerai la paix parmi eux, ainsi qu’il est écrit (Isaïe 54 – 13) : « Tous tes enfants seront des disciples de Hachem ; grande sera la paix parmi tes enfants. » 

Midrash Tan’houma

 

Le Grand Choffar

« Le son du Choffar allait redoublant d’intensité ; Moché parlait, la voix de D-ieu lui répondait. »

(Exode 19-19)

Ce Choffar provenait du bélier qu’Avraham sacrifia lors de la ligature d’Yits’hak. La corne gauche fut utilisée pour sonner le Choffar sur le mont Sinaï. Le son de cette corne s’amplifiait progressivement pour préparer le peuple d’Israël à la révélation de D-ieu.

Mais la corne droite, qui était encore plus grande, sera utilisée pour les sonneries qui accompagneront la Guéoulah, lorsque nous retournerons en Eretz-Israël. C’est à ce sujet que le prophète Yéchaya, Isaïe, nous annonça (Isaïe 27-13) : « En ce jour résonnera le grand Choffar ; alors arriveront ceux qui étaient perdus dans le pays d’Achour, relégués dans la terre d’Egypte, et ils se prosterneront devant Hachem, sur la montagne sainte, à Yérouchalaïm. »

Pirkéï dé Rabbi Eliézer

 

Le Léviathan

« Car en six jours Hachem a fait le ciel, la terre, les océans et tout ce qu’ils renferment, et Il S’est reposé le septième jour… »

(Exode 20-11)

 Ici, les océans sont cités en dehors de l’ensemble ciel-terre.  Nos sages en déduisent que les richesses et merveilles qui se cachent dans les mers surpassent les beautés que nous percevons sur la terre sèche.

Ils remarquent encore qu’en disant : « les océans et tout ce qu’ils renferment » , le même verset donne autant d’importance à la mer qu’à ce qu’elle renferme. De quoi s’agit-il ? Du Léviathan qui sera au menu du banquet de la Guéoulah et qui jusque-là se trouve caché dans le fond des océans.

Mé’hilta Dé Rachbi

 

Le Lion Rugissant

« Ano’hi – Je suis l’E-ternel ton D-ieu qui t’a fait sortir d’Egypte, de la maison d’esclavage. »

(Exode 20 – 2) 

La Révélation était si intense que nos ancêtres furent radicalement secoués. En effet, selon la tradition, ils furent pris d’une telle stupeur qu’ils en perdirent la vie ; Hachem dut alors user de la rosée réservée pour la résurrection. C’est à cet événement que fait référence le verset (Amos 3 – 8) : « Le lion a rugi ; qui n’aurait peur ? »

D-ieu est comparé à un lion qui rugit dans ce verset de Amos. Rabbi Akiva expliqua, un jour, à ses élèves que ce verset fait référence à la Révélation sur le Mont Sinaï, mais il parle aussi du moment où D-ieu fera justice pour son peuple aux Temps Messianiques.

Lorsque D-ieu voit les temples idolâtres et la quiétude dont jouissent les nations, alors que Son Temple est détruit et que Son peuple – Israël – est exilé, Il rugit de détresse et Il protège le peuple Juif, ainsi qu’il est écrit (Yoël 4 – 16) : « De Tsion, l’E-ternel Rugit, de Yérouchalayim, il fait retentir Sa voix : ciel et terre en tremblent. Mais l’E-ternel est un abri pour Son peuple, un refuge fortifié pour les enfants d’Israël. »

Le Temple est comparé à un lion, ainsi qu’il est écrit (Isaïe 29 – 1) : « Oy ! Ariel ! Ariel ! Cité où résida David ! » Le Royaume de Yéhouda est comme un lion, ainsi qu’il est dit (Genèse 49 – 9) : « Tu es un jeune lion, Yéhouda… » Il est dit au sujet du Royaume de David (Ezechiel 18 – 2) : « Ta mère était une lionne accroupie parmi les lions. » Nabuchodonosor fut aussi comparé au lion (Jérémie 4 – 7) : « Un lion s’est élancé de son hallier, un destructeur parmi les nations s’est mis en route. » Cet empereur détruisit le Temple et exila le Royaume de David et le peuple Juif. D-ieu s’écria, alors (Na’houm 2 – 12) : « Qu’est-il advenu du repère des lions… » Où sont mes enfants !

Il est dit ici : « Ano’hi – Je suis l’E-ternel ton D-ieu. » Il est prédit par Isaïe au sujet de la Guéoulah (Isaïe 51 – 12) : « Ano’hi, Ano’hi Ména’hem’hem ! C’est Moi, c’est Moi qui suis votre consolateur ! »

Midrash Rabba

Plus Que Lui

« Tu n’auras point d’autres dieux que Moi. »

 (Exode  20 – 3)

Nos sages prédisent qu’à l’époque de Machia’h, D-ieu donnera la force aux idoles pour qu’elles reconnaissent elles-mêmes le Créateur. Ainsi, les idolâtres seront déçus, car il est écrit (Psaumes 97 – 7) : « Ils seront déçus, tous les adorateurs d’idoles. »

Rav Pin’has affirme que D-ieu donnera, aux idoles, la possibilité de s’adresser à leurs adorateurs pour qu’elles leur disent : « Comment avez-vous délaissé la source de vie éternelle, le Créateur du Ciel et de la Terre, pour nous servir ? ! »

Rabbi Yo’hanan confirme que cela n’aura rien de nouveau, puisque selon le même verset des Psaumes (97 –7) : « Tous les dieux se prosternèrent devant Lui. » Cela a eu lieu au moment du Don de la Torah, et ceci se reproduira à l’époque de Machia’h.

Midrash Théhilim

 

Les Baisers de Sa Bouche

« Ils dirent à Moché : Que ce soit toi qui nous parles, et nous pourrons entendre ; mais que D-ieu ne nous parle point, car nous pourrions mourir. »

 (Exode 20 – 16) 

Rabbi Yéhouda nous enseigne : Lorsque les Juifs entendirent le premier des Dix Commandements – « Je suis l’E-ternel, ton D-ieu » - de Hachem Lui-même, la Torah les pénétra profondément. Ils étaient devenus des êtres extraordinaires ; ils apprenaient et ils n’oubliaient pas.

Ils vinrent chez Moché et ils lui demandèrent d’être l’intermédiaire entre D-ieu et eux : « Nous ne pouvons plus entendre la parole de D-ieu ; nous avons peur de mourir ! Reçois pour nous la Torah. » 

Ils remarquèrent alors que l’oubli était revenu. Ils en conclurent que lorsque D-ieu – qui est éternel – leur transmit la Torah, leur étude l’était aussi. Mais, dès lors que c’était Moché – un homme limité – qui leur enseignait, son instruction avait aussi des limites et l’oubli s’instaurait.

Ils retournèrent alors chez Moché et ils lui dirent : « Nous souhaitons ‘Qu’Il nous prodigue les baisers de Sa bouche’ (Cantique des Cantiques 1 – 2) ; nous voulons entendre à nouveau directement la parole de D-ieu. »

Moché leur répondit que ceci allait se réaliser, mais que pour cela il fallait attendre les temps Messianiques. Ainsi que l’annonça Yirmiyah (31 – 32) : « Je ferai pénétrer Ma Torah en eux, c’est dans leur cœur que je l’inscrirai. »  

Chir-Hachirim Rabba