Livre de Béréchith

Parchath Vayechev

Perdu en Exil - Préparer le Terrain de Machia’h - Le Rameau de Yichaï

Briser la Clôture - Lever la Coupe de la Guéoulah

 

Perdu en Exil

« Un homme le rencontra – Toéתעה – dans les champs. L’homme lui demanda : Que cherches-tu ? Il [Yossef] répondit : Ce sont mes frères que je cherche. »

(Genèse 37 – 15,16)

Ce passage raconte la genèse de l’exil : Yossef va à la recherche de ses frères qui finiront par le vendre. Cet épisode est à l’origine du premier exil de nos ancêtres en Egypte. Dans ce verset, Yossef rencontre un homme au moment où il est perdu. Nos sages nous enseignent que la Torah fait ici allusion aux trois exils que traversa le peuple Juif. C’est dans le mot Toé   תעה , nous disent-ils, que s’inscrivent ces trois périodes :

La lettre Tav a pour valeur numérique 400. C’est l’exil Egyptien qui dura 400 ans.

Le Ayin représente les 70 années du passage à Babylone.

Enfin le Hé (5), c’est les cinq mille ans que va perdurer le royaume de Edom.

Dans le même esprit, nos sages interprètent l’épisode de la rencontre de Yaakov et de son frère Essav. Yaakov dit alors à son frère (Genèse 32 – 5) : « J’ai séjourné chez Lavan, et j’ai prolongé mon séjour jusqu’à présent – Ata עתה . » Au-delà du sens littéral du texte, notre Patriarche parle ici des trois séjours en exil. Nous retrouvons les trois lettres Ayin, Tav et Hé symbolisant la longueur du Galouth.

Midrash

Préparer le Terrain de Machia’h

« Il arriva, en ce temps là, que Yéhouda s’éloigna de ses frères... »

 (Genèse   38 – 1) 

Rabbi Chemouel Ben Na’hman commente ce verset (Jérémie 29 – 11) : « Car Je connais, bien, Moi, les desseins que J’ai conçus à votre égard. » Les enfants de Yaakov étaient occupés par la vente de Yossef ; Yossef était triste ; Réouven faisait Téchouva ; Yaakov était en deuil ; Yéhouda cherchait une femme alors que D-ieu préparait la lumière de Machia’h.

Le Rameau de Yichaï

« Il lui dit : quel gage te donnerais-je ? Elle répondit : Ton sceau, ton cordon, et le bâton que tu as à la main. »

 (Genèse   38 – 18) 

Rabbi ‘Hounia nous apprend que Tamar fut, ici, habitée par l’esprit prophétique. Elle pressentit que leur descendance ne serait pas ordinaire :

 « Ton sceau », c’est la royauté de la Maison de David.

 « Ton cordon » représente le Sanhédrin...

« Ton bâton » symbolise le Machia’h, ainsi qu’il est écrit (Isaïe 11 – 1) : « Un rameau sortira de la souche de Yichaï... » Il est aussi écrit (Psaumes 110 – 2) : « L’E-ternel étendra de Tsion le sceptre de ta puissance. »

 Midrash Rabba

Briser la Clôture

« Il se trouva au moment de son enfantement qu’elle porte des jumeaux en son sein. Au moment où elle donna naissance, l’un avança la main ; la sage-femme la saisit et y attacha un fil d’écarlate pour indiquer qu’il était né le premier. Puis, il retira sa main, et voici que son frère sortit. Elle dit : Pourquoi – Paratsta – as-tu forcé le passage ! On le nomma Pérets. Ensuite naquit son frère… on lui donna le nom de Zara’h. »

 (Genèse   38 – 28, 30)

Un phénomène intéressant se produisit au moment où Tamar donna naissance aux jumeaux Pérets et Zara’h : Le premier bébé commença sa sortie, puis il se rétracta et c’est le deuxième enfant qui naquit.

Celui qui força la sortie se prénomma Pérets pour faire référence à sa capacité de forcer le destin et de briser les limites.

Nos sages nous indiquent qu’au moment où Zara’h tenta de sortir le premier, D-ieu dit qu’il serait injuste qu’il naisse en premier. En effet, Pérets donnera naissance à la lignée royale et Messianique ; c’est pourquoi Hachem renvoya Zara’h au sein de sa mère et fit sortir d’abord Pérets.

Pérets transmettra ce pouvoir de contrer les limites – Paratsta – à sa descendance et au Machia’h en particulier, ainsi qu’il est écrit (Michée 2 – 13) : « Devant eux, marchera le Porets – celui qui brise la clôture ; ils renverseront le pouvoir établi…leur Roi – Machia’h – les précèdera et Hachem sera à leur tête. »

Aggadath Béréchith

Lever la Coupe de la Guéoulah

« Dans mon rêve, il y avait une vigne juste devant moi. La vigne avait trois branches. Dès qu’elle bourgeonna, ses fleurs se développèrent et ses grappes mûrirent leur fruit. La coupe de Pharaon se trouvait dans ma main, je pris les raisins et je les pressai dans la coupe de Pharaon, puis,  je mis la coupe dans la main de Pharaon... tu mettras la coupe de Pharaon dans sa main. »

 (Genèse   39 – 9,13)

C’est par rapport aux quatre fois où le mot « coupe » est utilisé ici que nous buvons quatre verres de vin le soir de Pessa’h.

Ils correspondent aussi aux quatre verbes prononcés par D-ieu pour annoncer l’Exode (Exode 6-6) : « Je vous soustrairai… Je vous délivrerai…Je vous affranchirai… Je vous prendrai…»

Ces quatre coupes font allusion aux quatre exils que traversera le peuple Juif.

Ce sont quatre mesures de châtiment que recevront nos ennemis.

Hachem déversera quatre coupes pour marquer la Guéoulah, ainsi qu’il est écrit  dans les Psaumes :

« Hachem est la portion de mon sort, il est mon calice.  » (16 – 5) 

« Tu dresses la table devant moi, à la face de mes ennemis ; Tu parfumes d’huile ma tête. Ma coupe est pleine à déborder. » (23 – 5)

« Je lèverai la coupe des délivrances. » (116 – 12). Ce dernier verset fait référence à deux niveaux de délivrance. 

Midrash Rabba