Livre de Chémoth

Parchath Terouma

Un Toit Pour Hachem - Appartenir à Hachem - La Grandeur de la Tsédaka

Edom : Fer de Lance du Galouth - Des Bois de L’Espérance - Machia’h : La Lumière de la Ménora

 

Un Toit Pour Hachem

 « L’E-ternel dit à Moché en ces termes : Parle aux Béné-Israël afin qu’ils m’apportent une offrande – Véyikrou Li Térouma… »

 (Exode 25 – 1,2)

Notre Paracha rapporte les premiers épisodes des commandements concernant l’édification du Sanctuaire dans le désert. Or, selon nos sages, cette injonction a une portée éternelle, car même en temps d’exil, D-ieu garde espoir que son peuple se lève de la torpeur pour Lui édifier un Sanctuaire.

Le Roi Salomon l’exprima en ces termes dans le Cantique des Cantiques (5 – 2) : « Je dors, mais mon cœur est éveillé : c’est la voix de mon bien-aimé ! Il frappe : Ouvre-Moi, Ma sœur, Ma compagne, Ma colombe…car Ma tête est couverte de rosée… »

Israël dit : Je dors, mais mon cœur est éveillé ; Je me suis endormi, car face à la fin de l’exil, j’ai perdu espoir ; mais mon cœur – D-ieu – est éveillé. Ainsi qu’il est (Psaumes 73 – 20) : « D-ieu est à jamais le rocher de mon cœur. »

Lorsque je m’endors dans la pratique des Mitsvoth, le mérite de mes pères m’inspire et mon cœur s’éveille.

D’ailleurs, lorsque je me suis endormi par la faute du Veau d’Or, D-ieu m’en éloigna et me donna la Mitsva de Téroumath Hamichkan – la donation du Sanctuaire.

Là, est le sens du verset du Cantique des Cantiques : « Ouvre-Moi, Ma sœur, Ma compagne… » D-ieu se tourne vers son peuple et lui dit : Fais-Moi un toit ! Jusqu’à quand devrais-je errer à l’extérieur ? « Ma tête est couverte de rosée. » Bâtissez pour Moi un Sanctuaire. »

Midrash Rabba

Appartenir à Hachem

« Véyik’hou Li Térouma – Qu’ils prennent pour Moi une offrande. »

 (Exode 25 – 2) 

Nos sages affirment que chaque fois que D-ieu prononce dans la Torah le mot « Li – pour Moi », cela constitue une promesse éternelle, valable aux temps présents et aux temps Messianiques. Les éléments suivants ont donc le privilège de l’éternité : 

  • Les Cohanim (Exode 40 – 15) : « Ils seront des prêtres pour Moi. »
  • Les Léviyim (Nombres 8 – 14) : « Les Léviyim seront à Moi. »
  • Le peuple Juif (Lévitique 25 – 55) : « C’est à Moi qu’appartiennent les Béné-Israël. »
  • Le Sanhédrin (Nombres 11 – 16) : « Rassemble pour Moi soixante-dix hommes parmi les anciens. »
  • La terre d’Israël (Exode 19 – 5) : « Car la terre est à Moi. »
  • Yérouchalayim (Rois I 11 – 36) : « C’est la ville que J’ai choisie pour Moi. »
  • Le Royaume de David (Samuel I 16 – 1) : « Car c’est un de ses fils qui sera roi pour Moi. »
  • Le Temple (Exode 25 – 8) : « Ils construiront pour Moi un Sanctuaire. »

Midrash Tan’houma

La Grandeur de la Tsédaka

« Et voici l’offrande, la Térouma. »

(Exode 25-3)

La Paracha parle des dons offerts par les Béné-Israël pour l’édification du Temple. C’est la sainteté produite par le Beth-Hamikdach qui protégeait le peuple d’Israël de l’exil.

Aujourd’hui, alors que nous n’avons plus de Temple, c’est la Mitsva de la Tsédaka qui remplace le Beth-Hamikdach et nous sauve de l’exil.

En donnant la Tsédaka, nous anticipons la révélation de Machia’h. D’ailleurs, nos sages nous enseignent que « la Tsédaka est grande, car elle nous rapproche de la Guéoulah. »

Talmud Baba Batra

Edom – Fer de Lance du Galouth

« Voici l’offrande – la Térouma – que vous recevrez d’eux : de l’or, de l’argent et du cuivre. »

 (Exode 25 – 3)

Les matières utilisées par les Béné-Israël pour construire le Michkan symbolisent les nations qui ont opprimé et exilé le peuple Juif. Elles sont comparées dans le livre de Daniel (2 – 32) aux trois métaux : l’or, l’argent et le cuivre.

  • L’or, c’est Babel, ainsi qu’il est écrit : « Cette statue avait la tête d’or fin… »
  • L’argent, c’est Madaï - Mède, ainsi qu’il est écrit : « …la poitrine et les bras étaient en argent… »
  • Le cuivre, représente la Grèce, ainsi qu’il est écrit : « …le ventre et les cuisses étaient en cuivre… »

Nos sages remarquent que le fer ne fut pas mentionné dans les éléments du Temple. Ils expliquent cela de cette manière : le fer représente, en fait, la nation de Edom. C’est cette nation qui détruisit le Temple, et c’est à elle que sont soumis les Juifs pendant le présent exil. C’est la civilisation qui fut la plus cruelle avec le peuple Juif ; c’est pourquoi – précisent nos sages – lorsque le Machia’h viendra et que toutes les nations s’empresseront d’apporter des offrandes au Beth-Hamikdach, elles seront toutes agréées. Tous les sacrifices des nations seront acceptés par le Machia’h, sauf le présent de Edom.

Babel qui avait aussi détruit le Temple s’était arrêté aux fondations ; alors que Edom – Rome – a, pour sa part, renversé et labouré la terre sur laquelle était édifié le Beth-Hamikdach. C’est pour cela que le sacrifice de Babel sera accepté par le Machia’h, alors qu’il refusera celui de Edom. 

Midrash Rabba

Des Bois de L’Espérance

« Véassita Eth Hakrachim – Et tu feras les poutres du Michkan – Tabernacle – en bois de Chittim. »

 (Exode 26 – 15)

Comment nos ancêtres pouvaient-ils avoir une telle quantité de bois de Chittim en plein désert du Sinaï ? Comment s’étaient-ils procuré cet élément indispensable à la structure du Sanctuaire ?

Nos sages affirment que ce passage nous indique l’intensité de la foi en la Guéoulah – délivrance – que nos ancêtres avaient lorsqu’ils étaient en Egypte.

En effet, le Midrash raconte que Yaakov avait – par inspiration prophétique – vu qu’un jour sa descendance sortirait d’Egypte et qu’elle serait amenée à construire un Sanctuaire dans le désert. C’est pourquoi, lorsqu’il fut contraint à descendre en Egypte à cause de la famine, il apporta avec lui de la terre d’Israël des plants de Chittim qu’il fit planter à Goshen.

Avant de quitter ce monde, Yaakov rassembla ses enfants et il leur dit : « Vous traverserez ici une période de dures épreuves. Ne perdez pas espoir en la délivrance, car ces arbres que j’ai plantés témoignent de la promesse Divine. Un Jour, Hachem vous délivrera et vous demandera de lui construire un Sanctuaire. Vous utiliserez, alors, le bois de ces arbres que vous transporterez avec vous au moment où vous quitterez ce pays. »

Ainsi, tout au long de l’exil, les enfants d’Israël ont entretenu ces arbres qui étaient devenus le symbole de leur espérance.

D’ailleurs, D-ieu récompensera, aux Temps Messianiques, les Chittim pour avoir joué ce rôle si important, ainsi qu’il est dit (Joël 4 – 18) : « En ce jour, les montagnes ruisselleront du jus de la vigne, les collines feront couler du lait, les ruisseaux seront plein d’eau. Une source jaillira de la Maison de l’E-ternel et arrosera la vallée des Chittim. »   

Midrash Tan’houma

Machia’h – La Lumière de la Ménora

« Et voici l’offrande, la Térouma, que vous recevrez d’eux : de l’or, de l’argent et du cuivre, des étoffes de pourpre écarlate ... de l’huile pour le luminaire. »

 (Exode 25-3,6)

L’or, l’argent, le cuivre et les étoffes représentent les quatre nations parmi lesquelles furent asservis les Béné-Israël. Mais tout en nous annonçant l’exil, Hachem nous rassure et nous prédit que les difficultés du Galouth nous apporteront « l’huile pour le luminaire », le Machia’h. Ainsi qu’il est écrit dans les Téhilim (132 - 17) : « J’ai préparé une lumière pour Machia’h. »  

Midrash Tan’houma