Livre de Béréchith

Parchath Toldoth

D’où Viendra le Secours - Hériter des Valeurs - Le Puits de La Délivrance

Une Ère Sereine - Une Double Bénédiction

 

D’où Viendra le Secours

« Voici la descendance de Yits’hak fils d’Avraham. »

 (Genèse 25 – 19) 

Nos sages comparent nos Patriarches – Avraham, Yits’hak et Yaakov – à des montagnes. Ils précisent que c’est vers eux que le roi David se tournait pour implorer D-ieu dans le verset (Psaumes 121 – 1) : « Chir LaMaaloth, je lève mes yeux vers les montagnes pour voir d’où viendra le secours. » Néanmoins, le Machia’h est comparable à une grande montagne, ainsi qu’il est dit (Zacharie 4 – 7) : « Qu’es-tu grande montagne… ? »

Aussi, le verset dit au sujet du Machia’h (Isaïe 52 – 13) : « Voyez mon serviteur prospère ; il est élevé, grand et placé très haut. » Il est plus élevé qu’Avraham, plus grand que Yits’hak, et placé plus haut que Yaakov.

Machia’h est un descendant de David et de Chlomo, ainsi qu’il est dit (Chroniques I 3 – 10,24) : « Chlomo eu pour fils Ré’hovam qui engendra Abiya… Délaya et Annani, ils étaient sept. » Annani fait allusion au Machia’h, car il est dit dans le livre de Daniel (7 – 13) : « Voilà qu’un homme survint des Annané Chémaya – des nuées du Ciel. »

Il est aussi appelé montagne car c’est par les sentiers montagneux qu’il apparaîtra, ainsi qu’il est écrit (Isaïe 52 – 7) : « Qu’ils sont gracieux, sur les montagnes, les pieds du messager… qui annonce la délivrance. »

En ce jour, les Béné-Israël diront : « Je lève mes yeux vers les montagnes pour voir d’où me viendra le secours. Le secours vient de Hachem, Créateur du ciel et de la terre. » 

Midrash Tan’houma

Hériter des Valeurs

« Yaakov dit : Vends-moi ton droit d’aînesse… Essav dédaigna le droit d’aînesse. »

(Genèse 25 – 31 et 34)

Ce passage relate la manière comment Essav abandonna son droit d’aînesse contre un plat de lentilles qu’il avala gloutonnement. D’après nos sages, ce geste révèle qu’Essav n’avait aucun scrupule par rapport à la mission qu’il aurait dû assumer en tant que descendant et héritier d’Avraham. Il dénigrait les valeurs du Patriarche ; ainsi, avant la transaction avec Yaakov, un débat s’engagea entre les frères.

Essav se moqua de Yaakov qui préparait un plat traditionnel pour marquer le deuil d’Avraham. « Ne vois-tu pas, » dit-il, « que les nations et les peuples qui nous entourent ne s’embarrassent pas de ces rites alimentaires et de toutes ces lois léguées par Avraham ! Quelle absurdité ! Fais comme moi, profite de la vie ! »

Yaakov défendit l’idée selon laquelle l’homme a pour mission de propager la justice et la bonté afin d’amener la Création à l’état de perfection qui régnera à l’époque de Machia’h. Les rites du deuil, poursuivit Yaakov, expriment notre foi en la résurrection.

Essav avoua qu’il ne croyait pas à toutes ces élucubrations puisque jusqu’ici ni Adam, ni Noé ou bien Avraham n’était revenu de l’au-delà ! Il n’était pas prêt à assumer son rôle d’héritier de la promesse Divine au sujet de la terre. C’est alors que Yaakov lui proposa de remplir, à sa place, les devoirs de l’aîné.

C’est en s’inspirant de ce personnage d’Essav – qui ne croyait pas à l’appartenance éternelle de la terre d’Israël, à la Guéoulah et à la résurrection – que le Roi David écrivit (Psaumes 53 – 2) : « L’impie a dit en son cœur : ‘Il n’est point de D-ieu !’ On est corrompu, on commet des actes odieux ; personne ne fait le bien. » David annonce la déchéance d’Essav (53 – 6) : « Ils seront saisis d’effroi… D-ieu les couvrira de honte, car Il les a rejetés. »

David conclut ce Psaume en annonçant le retour du peuple Juif sur sa terre pour la joie du Patriarche Yaakov (53 – 7) : « Puisse venir de Tsion le salut d’Israël ! Quand D-ieu ramènera les captifs de son peuple, Yaakov jubilera, Israël se réjouira. »

Midrash Hagadol

Le Puits de La Délivrance

« Les serviteurs de Yits’hak, en creusant dans la vallée, y découvrirent une source d’eau vive. Les bergers de Grar se querellèrent avec les bergers de Yits’hak... Il appela ce puits Essek – Contestation. Ils creusèrent un autre puits sur lequel on se querella encore. Il lui donna le nom de Sitna – Hostilité. Il délogea de là et creusa un autre puits qu’on ne lui disputa point ; il le nomma Ré’hovoth – Largesse. »

 (Genèse   26 – 19,22) 

Ces trois puits symbolisent les trois Beth-Hamikdach, car la Ché’hinah – la présence Divine – dans le temple était la source de vie du monde.

Le premier puits est Essek – Contestation. Il représente le premier Temple qui fut détruit par les nations.

Le deuxième puits est Sitna – Hostilité. Il représente le second Temple. A cette période, les nations avaient une grande haine pour les juifs et elles détruisirent le Beth-Hamikdach.

Le troisième puits est Ré’hovoth – Largesse. C’est le troisième Beth-Hamikdach. Lorsque le Machia’h se dévoilera, bientôt, régneront la joie absolue et la paix.

Ce « troisième puits » sera découvert à l’époque de la Guéoulah, ainsi qu’il est dit (Zacharie 14 – 8) : « En ce jour, des eaux vives jailliront de Yérouchalayim. »

Pirké Dé Rabbi Eliézer

Une Ère Sereine

« Yits’hak fut saisi d’une grande frayeur… »

(Genèse 27 – 33)

Yaakov remplaça son frère Essav pour recevoir les bénédictions de son père. Lorsque Yits’hak prit conscience de la supercherie, il fut saisi d’une extrême frayeur.

Le Roi Salomom affirme que la peur représente le plus grand ennemi de l’homme, ainsi qu’il est dit (Proverbes 29 – 25) : « La peur fait tomber l’homme dans un piège ; qui met sa conscience en l’E-ternel est à l’abri. » Selon nos sages, Yaakov devait alors être puni pour avoir causé une telle frayeur chez son père ; mais il fut protégé grâce à sa confiance en D-ieu, ainsi qu’il est dit : « Qui met sa conscience en l’E-ternel est à l’abri. »

Yits’hak a eu deux frayeurs dans sa vie : la première, lorsqu’il fut ligoté sur l’autel ; la seconde, dans cet épisode des bénédictions. La dernière fut la plus grande puisque la Torah précise : « grande frayeur. »

La peur habite les hommes, aujourd’hui, du fait que leurs iniquités les hantent. Par contre, à l’époque du Machia’h, nos sentiments seront différents et sereins du fait que se réalisera la prophétie (Yé’hezkiel 11 – 19) : « Je leur donnerai un seul cœur et J’installerai un esprit nouveau ; J’ôterai le cœur de pierre de leur corps et Je leur donnerai un cœur de chair. »

Midrash Tan’houma

Une Double Bénédiction

« Puisse D-ieu te donner la rosée des cieux et les sucs de la terre, abondance de grain et de vin. Des peuples te serviront ; des gouvernements se prosterneront devant toi. Tu seras le maître de ton frère. »

 (Genèse   27 – 28)

« Yits’hak appela Yaakov et lui donna une bénédiction. »

 (Genèse   28 – 1) 

Il est écrit dans Isaïe (65 – 16) : « Celui qui sera béni sur terre, le sera également par D-ieu. » Ainsi, toutes les bénédictions que Yits’hak donna à son fils furent répétées par Hachem :

Yits’hak dit à Yaakov : « Puisse D-ieu te donner la rosée des cieux. » Ainsi, D-ieu bénit Israël par la rosée, comme il est écrit (Michée 5 – 6) : « Les survivants de Yaakov seront au milieu des nations comme la rosée. »

Yits’hak dit à Yaakov : « les sucs de la terre. » Ainsi, D-ieu bénit Israël par la récolte, comme il est écrit (Isaïe 30 – 23) : « D-ieu dispensera la pluie à la semence que vous confierez au sol »

Yits’hak dit à Yaakov : « Des peuples te serviront. » Ainsi, D-ieu bénit Israël, comme il est écrit (Isaïe 49 – 73) : « Des rois seront tes nourriciers, et leurs princesses tes nourrices. »

Yits’hak dit à Yaakov : « Tu seras le maître de ton frère. » Ainsi, D-ieu bénit Israël, comme il est écrit (Deutéronome  26 – 19) : « Tu seras le plus haut des peuples. »

Pourquoi Yits’hak a-t-il rappelé Yaakov pour le bénir de nouveau ?

En fait, Yits’hak prophétisa et vit que ses descendants seraient exilés parmi les nations. C’est pourquoi il bénit Yaakov pour qu’il supporte l’exil. Il lui prédit ces phrases de Job (5 – 19,21) : « Que surviennent six calamités, Il t’en préservera, et lors de la septième, le mal ne te touchera pas. Si une catastrophe éclate, tu n’auras rien à craindre. » 

Midrash Rabba