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Les fêtes Juives sont bien plus que des commémorations ou de simples rappels d’événements lointains que l’on ressort comme un vieux livre de sa bibliothèque. Ce sont en fait, des moments privilégiés de l’année qui nous permettent de revivre au quotidien les épisodes de notre histoire comme nos aïeux. D’ailleurs, nos sages demandent que nos actes, même les plus répétés, soient faits chaque jour “comme des actes nouveaux ”. C’est dans cet esprit que nous lisons dans la Méguilah (Livre d’Esther) : “Et ces jours seront rappelés et vécus chaque année.” Il est donc de notre devoir de prendre conscience que l’histoire des juifs oppressés sous l’Empire Perse et persécutés par Hamman il y a plus de 2300 ans, n’est pas un récit lointain faisant partie d’un riche patrimoine culturel, mais c’est un élément de notre présent, le nôtre et celui de nos enfants. Ainsi, les rites et les célébrations qui entourent la fête prennent une autre ampleur, ils deviennent plus chaleureux, plus vivants. Pourim, c’est la fête des Masques. Ceci nous rappelle qu’à notre époque, à l’instar de celle de Mordé’haï et Esther, D-ieu se voile, se cache et laisse Son Peuple seul face aux événements qu’il rencontre. Cela nous rappelle, que même au moment du joyeux dénouement, ceci se passe comme si, là aussi, D-ieu était absent du scénario et n’y avait rien à voir. C’est le Miracle Masqué. C’est pourquoi je me propose d’exposer cette fois un décryptage d’une Ecriture Masquée de certains de nos textes. Je reprendrai d’abord l’idée précédemment citée : D-ieu caché dans (“ dans ” et pas “ par ”) les phénomènes naturels. La Nature se traduit en Hébreu par le mot Hatévä òáèä qui signifie: a) englouti; b) figé. En effet, D-ieu est englouti dans la Nature qu’Il a créée et pour laquelle Il a fixé des lois dites lois de la Nature, lois immuables. Ceci est l’interprétation étymologique du terme Hatévä. Mais, il existe aussi, dans notre tradition, l’aspect numérique du mot, la Guématria. Remarquons que la valeur numérique du mot Hatévä est de 86 comme pour le Nom É-lohim qui équivaut aussi à 86. Mais, revenons à Pourim. Le texte de la Méguilah nous indique que les Juifs “acceptèrent (à Pourim) ce qu’ils avaient commencé de faire,” ce qui signifie, selon les maîtres du Talmud, que c’est à l’époque de Mordé’haï et Esther que les Juifs acceptèrent vraiment et de plein gré les commandements qu’ils avaient commencés de faire au moment du Don de la Torah, sur le mont Sinaï. Car à ce moment-là, qui n’aurait pas été ébloui par les manifestations Divines ? La pratique qui est le fruit de ce type de Révélations est donc, pour le moins, des plus fragiles et sans mérite. Alors qu’à l’époque d’Hamman, pour la première fois, leur croyance aveugle fut mise à l’épreuve et c’est là précisément que nos ancêtres ont prouvé qu’ils adhéraient à la Loi de façon objective et arbitraire. Pourim célèbre donc l’acceptation définitive de la Torah. C’est pourquoi toutes les Mitsvoth pratiquées le jour de Pourim commencent par la lettre Mêm : Mikra Méguilah, lecture de la Méguilah Michloa’h Manoth, envoi de cadeaux (victuailles) Matanoth laévionim, cadeaux pour les pauvres Michté, le festin. Le Mêm a pour valeur numérique 40 symbolisant les quarante jours qu’il fallut à Moché pour rapporter les Tables. Mais on peut aller encore plus loin, car le Mêm fait partie de ces lettres de notre alphabet qui existent sous deux formes, une qui se trouve soit en début ou dans une position quelconque dans le mot, î, et l’autre qui est uniquement en position finale, í, appelée en Hébreu Sophite. Nous remarquerons que le î Mêm a une ouverture, une brèche, alors que le í Mêm Sophite (final) lui, est complet de ses quatre côtés. Nos sages nous enseignent que le Mêm représente l’état du monde tel que D-ieu l’a créé, un monde incomplet qui est le champ d’action de l’Homme, créature dotée d’un libre arbitre et qui ne devra pas laisser cette petite ouverture devenir une brèche qui causera la destruction du Temple. L’Homme complétera le manque, le vide ou l’absence, pour devenir l’associé de D-ieu dans la construction d’un monde Meilleur, complet de ses quatre côtés, comme le í Mêm Sophite. Ainsi, un verset de Néhémie parlant de la destruction du Temple utilise un î Mêm brisé à la fin d’un mot: “ ... les murs de Jérusalem qui étaient en ruines” - Acher HêM Proutsim. Par contre, Isaïe dans une de ses prophéties : “ Agrandir l’Empire et assurer une Paix sans fin ” LéMarbé Hamisra OulChalom Ein Kets – utilise un í Mêm Sophite en début de mot. Les Mitsvoth de Pourim, Fête proclamée en exil, nous rappellent nos responsabilités et le privilège que nous avons d’être les bâtisseurs du monde Messianique. C’est dans cet ordre d’idée que nos sages appellent dans le Talmud le Machia’h, Ména’heM (consolateur), car il représente le monde dans lequel nous vivons qui, à sa genèse est un î Mêm ouvert pour arriver enfin dans la dimension du í Mêm Sophite, l’Ere du Machia’h. Voici donc un peu du Mystère de PouriM démasqué. |
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