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Un Signe Pour La
Liberté |
La dixième et dernière plaie que D-ieu envoya aux Egyptiens fut Makath Bé’horoth – la mort de premier-nés. Moché annonça avec précision qu’elle aurait lieu à Minuit. La Torah nous raconte que les juifs devaient, pour se protéger, badigeonner leurs entrées du sang provenant de l’agneau de Pessa’h et de la circoncision. Pourquoi, Moché indiqua, ici, le moment où la plaie prendrait place ? De plus, toutes les plaies ne touchèrent pas le peuple Juif sans qu’il ne fasse quoi que se soit pour se protéger. Pourquoi devait-il faire un signe pour être sauvé de cette dernière plaie ? Toutes les plaies avaient pour but d’apprendre aux Egyptiens la puissance de D-ieu qu’ils rejetaient. C’est en cela que la dernière plaie était différente : son but était de punir les Egyptiens pour le mal qu’ils avaient fait. Or, dans ce cas, l’Attribut de Justice Divine pouvait déclarer : « En quoi les Juifs sont-ils différents des Egyptiens ? Ne sont-ils pas autant imprégnés d’idolâtrie ! » Pour rejeter toute tentative de plainte de la part – de Midath Hadin – des Attributs de Justice, D-ieu envoya cette ultime plaie à minuit, symbole d’une conduite qui dépasse toute logique et calcul rationnel. La première partie de la nuit symbolise la rigueur : l’obscurité augmente à chaque instant. La seconde partie de la nuit représente la bonté : la lumière revient petit à petit et les ténèbres disparaissent. L’instant précis de minuit relie les deux opposés de la rigueur et de la bonté. Cette manifestation n’est possible que par la révélation d’une lumière qui transcende les deux extrêmes. En d’autres termes, à ce moment de la nuit, se révéla l’amour essentiel que D-ieu porte pour Son peuple – un amour qui transcende toute logique et qui dépasse la raison. Du fait de cet amour, l’argument de l’Attribut de Justice – « En quoi les Juifs sont-ils différents des Egyptiens ? » – n’est pas pris en compte, car D-ieu répond qu’Israël est Son enfant. Or, l’amour qu’un père porte à son fils ne sera jamais affectée par telle ou telle autre raison logique. La question qui se pose, alors, est : si D-ieu exprime un tel degré irrationnel d’amour, pourquoi nos ancêtres devaient-il marquer leurs entrées ? ! Toute révélation Divine dépend de la conduite des hommes ici-bas ; l’action de D-ieu est à la mesure de l’effort de l’homme. Il en est ainsi pour que se manifeste ce degré d’amour infini de D-ieu, l’homme doit, pour sa part, révéler en lui un caractère réciproque. Le signe utilisé par nos ancêtres était le sang du sacrifice de Pessa’h et celui de la Mila. Ces deux actes traduisent justement cet aspect du lien avec D-ieu qui dépasse la raison : la circoncision est pratiquée sur un enfant qui n’a aucun moyen logique de saisir le sens de l’alliance qui est ici scellée. L’offrande d’un agneau en Egypte était un acte de Messirout Nefech – un sacrifice personnel – qui dépassait toute logique, puisque cela constituait un affront aux tortionnaires Egyptiens qui l’adoraient. Cette conduite du peuple Juif éveilla chez Hachem le même type de rapport irrationnel : la manifestation de Son amour infini pour le peuple Juif. C’est pourquoi nos sages affirment que « nos ancêtres quittèrent l’Egypte par le mérite de la foi. » En effet, la foi relève précisément d’une démarche irrationnelle. Likouté Si’hoth Vol III |
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