Les Derniers Jours

Le Tséma’h-Tsédek dit un jour : “ le dernier jour de Pessa’h est appelé A’haron Chel Pessa’h. Il marque l’étape finale d’un processus qui a débuté le premier jour de Pessa’h.

En célébrant le premier soir de Pessa’h, nous commémorons les événements qui ont pris place lors de la première délivrance, lorsque Hachem nous libéra de l’exil Egyptien par Moché, notre premier libérateur. Cependant, ce n’était qu’un début. Le jour de A’haron Chel Pessa’h nous anticipons et nous célébrons la dernière libération de l’exil que D-ieu nous apportera par le Machia’h. 

La Haftara de ce jour souligne, d’ailleurs, le rapport de A’haron Chel Pessa’h avec la Guéoulah. Elle décrit, en effet, en détails les promesses et les prophéties qui se produiront en ce temps.

Le Baal Chem Tov instaura un repas supplémentaire le jour de A’haron Chel Pessa’h. Ce repas se nomme Séoudath Machia’h – Le repas de Machia’h. Car en ce jour rayonne la lumière du Machia’h.

Quelle est donc la différence entre ces deux délivrances, la première et la dernière, célébrées respectivement le premier et le dernier jour de Pessa’h ?

Au sujet de la sortie d’Egypte il est écrit que “le peuple s’est enfui” ; les Béné-Israël ont dû fuir le mal et l’impureté d’Egypte car “le mal qui était présent dans leurs âmes était encore très fort. ”

Par contre, le prophète Isaïe annonce que pour la Guéoulah : “ ce n’est pas avec une hâte éperdue que vous vous échapperez, ce n’est pas dans une fuite précipitée que vous partirez. ” Il ne sera pas nécessaire de fuir le mal et l’impureté, car ils n’existeront plus à cette époque ; ainsi qu’il est écrit : “ Je ferai disparaître l’esprit d’impureté de la terre. ”

Plus encore, le mal et l’impureté ne disparaîtront pas, mais ils seront transformés en bien. Cette idée est exprimée dans la Haftara de A’haron Chel Pessa’h, par ces mots : “ Le nourrisson jouera près du nid de la vipère. ” Ainsi, même le mal représenté par l’image du serpent et de la vipère sera métamorphosé. Le jour de A’haron Chel Pessa’h nous jouissons d’un avant-goût de cette époque extraordinaire.

C’est en cela que tient la différence entre les premiers et les derniers jours de Pessa’h. Les premiers jours marquent la première libération, alors que les derniers jours – le septième et le huitième – sont liés à la délivrance à venir.

Ce parallèle trouve son expression dans le fait que les Béné-Israël ne furent totalement libérés du joug Egyptien que le septième jour de Pessa’h au moment de la traversée de la mer rouge. Cet épisode symbolise l’éradication du mal qui aura lieu à l’époque Messianique.

Il existe d’autres similitudes entre l’événement de la traversée de la mer rouge et l’avènement Messianique. Concernant les temps de la Guéoulah, il est dit dans la prophétie : “ Je répandrai mon esprit sur toute chair, si bien que vos fils et vos filles prophétiseront. ” Nos sages nous enseignent que cela a déjà eu lieu au moment de la traversée de la mer, car “une servante a vu ce que les plus grands prophètes n’ont pas pu percevoir. ”

De plus, la Guéoulah prendra place lorsque le mal et les ténèbres seront transformés en bien et lumière – “la nuit sera lumineuse comme le jour. ” Ainsi, c’est bien un avant-goût de cette époque que nos ancêtres ont vécu pendant Kriath Yam-Souf. Car, “il y eut nuée et ténèbres qui éclairèrent la nuit. ” Les ténèbres furent, déjà, transformés en Luminaire.

Likouté Si’hoth Vol XXII

 
Deux Batailles

Dans la Paracha de Bechala’h, le peuple juif accède enfin à la liberté, mais il est rapidement confronté à deux conflits sur le chemin du Mont Sinaï ; la première bataille était contre Pharaon, tandis que dans la seconde, il engagea une attaque contre Amalek.

L’attitude des Béné-Israël face aux deux ennemis fut différente. Face à Pharaon, Moché leur dit : « Hachem combattra pour vous ; et vous, tenez-vous tranquilles ! » Alors que s’agissant de Amalek, Moché demanda à Yéochoua : « Livre bataille à Amalek ! »

Pourquoi un tel contraste ? Pourquoi Hachem envoya-t-Il les Béné-Israël au combat contre Amalek, alors qu’Il se chargea Lui-même des Egyptiens ?

Les Egyptiens poursuivaient le peuple Juif ; leur but était de les ramener en Egypte. Ils ne faisaient donc pas obstruction au parcours de nos ancêtres vers le Sinaï. Les Béné-Israël devaient alors poursuivre leur chemin sans se soucier de ce qui était derrière eux ; Hachem s’en chargeait. Par contre, Amalek se plaçait entre le peuple Juif et la Montagne Sainte ; il constituait un obstacle et son intention était d’arrêter l’élan du peuple Juif. Face à lui, nous ne devions pas rester passifs.

C’est ainsi qu’il faut s’engager fermement, chaque fois que quelqu’un tente de nous empêcher de persévérer dans l’étude de la Torah.

La victoire du peuple Juif sur Amalek dépassa toutes les lois de la nature. Amalek devait, selon toute logique, vaincre. Or, si les Juifs réussirent à soumettre leurs ennemis, c’est parce qu’ils ne combattirent pas avec le sentiment qu’ils allaient gagner par leurs propres moyens ou par leur puissance personnelle. Ils étaient conscients, en allant se battre, qu’ils étaient les émissaires de Moché et qu’ils se battaient pour que personne ne les empêche de recevoir la Torah. Lorsqu’un Juif se bat avec la force de la Torah, il réussit sa mission.

Amalek frappa le peuple Juif au moment où il se dirigeait avec enthousiasme et passion vers le Mont Sinaï. Amalek tenta de refroidir l’ardeur et ralentir l’élan de nos ancêtres. Le verset dit au sujet de Amalek : « Acher Kar’ha Badére’h – Il te rencontra soudainement dans le chemin. » Or, le mot Kar’ha signifie aussi : Il t’a refroidi.  

Nous avons l’obligation de nous souvenir chaque jour de Amalek. Amalek symbolise ce qui décourage, qui tempère notre enthousiasme pour le Judaïsme.

L’histoire de Amalek nous enseigne comment nous pouvons le vaincre au quotidien : chaque fois que nous rencontrons un obstacle, que nous sommes confrontés à une tentative – extérieure ou intérieure – de perte de vigueur et d’enthousiasme pour la sainteté, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour vaincre et chasser l’ennemi.

En outre, rappelons-nous que dans le domaine du combat spirituel – comme cela l’a été jadis dans le combat physique – nous n’agissons pas avec nos propres forces. Souvenons-nous que toute action menée avec la dynamique de la Torah atteint sa cible et son but.

Likouté Si’hoth Vol I

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