Une Lumière dans la Nuit

‘Hannouca commémore le miracle de la petite fiole d’huile qui dura huit jours au lieu d’une seule journée. Nos sages s’interrogent dans le Talmud sur la manière avec laquelle nous devons rappeler ce miracle. Tout le monde s’accorde à dire qu’il faut allumer des lumières. Mais comment doit-on procéder ?

L’Ecole de Beth Chamaï affirme que nous devons, le premier jour, allumer huit lumières, le deuxième sept et ainsi de suite pour finir le huitième jour avec une seule flamme. L’Académie de Beth Hillel défend, pour sa part, que nous devons allumer une flamme le premier jour, deux le second, et ainsi de suite jusqu’au huitième jour où toutes les branches brilleront.

Nos sages tranchèrent et décidèrent de suivre l’avis de Beth Hillel ; ainsi, chaque Juif allume sa Ménorah en ajoutant chaque jour une petite flamme. Ceci suit le principe énoncé par nos sages que “ nous devons perpétuellement monter en matière de Sainteté. ”

‘Hannouca – de même que les autres fêtes – ne se limite pas à commémorer un événement tiré d’un passé lointain. Les lumières transmettent un message qui se lit et se vit au présent. Une bibliothèque tout entière ne suffirait pas à rassembler la littérature écrite par nos maîtres au sujet de la fête de ‘Hannouca et ses enseignements. Cependant, certaines de ces leçons sont évidentes ; elles viennent à l’esprit de tous ceux qui allument la ‘Hannoukia. Le plus dur est de passer de la réflexion à l’action.

Une des leçons les plus fondamentales découle justement de la manière avec laquelle nous allumons les lumières de ‘Hannouca. Car dès que nous prenons conscience que “ le soleil se couche ”, il est alors de notre devoir de répandre la lumière.

Aller à contre courant, résister à ce qui paraît fatalement naturel n’est pas une chose facile. C’est pourquoi le premier jour, une flamme suffit. Mais attention, on ne peut pas s’endormir sur ses lauriers, le lendemain il faudra fournir encore un effort et allumer une lumière supplémentaire. Car l’acte glorieux de la veille fait partie maintenant des choses acquises, des habitudes, de la routine et des choses naturelles. Alors, le lendemain et le surlendemain, nous allumerons des lumières supplémentaires jusqu’à éclairer toute la ‘Hannoukia.

La mission d’apporter la lumière autour de soi n’incombe pas seulement à un groupe d’aventuriers, de personnes engagées ou au Loubavitch de service. Chaque Juif doit allumer la flamme de ceux qui l’entourent avec le même entrain qu’il éclaire son propre foyer par sa Ménorah.

Le Talmud définit le fait d’allumer chaque jour une lumière supplémentaire comme un Hidour Mitsva, c’est-à-dire une “ Mitsva de luxe ”. Aujourd’hui, ceci ne peut être qualifié d’acte de luxe, bien au contraire, nous ne pouvons nous payer le luxe de stagner. Ajouter une flamme et encore une autre est en fait un devoir et une nécessité, il y va de la survie du Judaïsme. Chacun doit, sans exception, s’engager à éclairer le monde qui l’entoure. Une autre Mitsva, encore une pièce à la Tsédaka, une autre Mézouza, une autre minute de Torah, une bougie de Chabbath, chaque enfant en plus qui sera éduqué dans la voie de la tradition, tout cela compte.

Nos maîtres affirment que “ peu de lumière est capable de repousser beaucoup de ténèbres ”. Alors, pourquoi ne pas se décider aujourd’hui d’apporter beaucoup de lumière ? ! Maïmonide ne dit-il pas que la Guéoulah dépend d’une bonne action en plus. C’est peut-être la mienne ; c’est peut-être la vôtre !

Rav Eliahou DAHAN

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