La religion Juive a la particularité
d'être un mode de vie où se rencontrent Matériel et Spirituel. Ainsi la
symbiose de ces deux éléments compose l'harmonie de la création. Sans
jamais quitter la « Terre » , le Juif a les moyens de
vivre dans le « Ciel ». Plus encore, c'est
précisément au travers du mondain que l'Homme découvre Hachem. Ainsi,
c'est après six jours de travail qu'il accède au monde du Chabbath, jour
central dans la vie Juive. Ce jour d'élévation spirituelle, d'étude, de
prière et de méditation est aussi, d'autre part, le jour où tous les
plaisirs matériels s'associent pour chanter l'hymne du Chabbath Kodech.
Prenons un autre exemple pour illustrer ce phénomène : à l'époque du
Temple, le jour de Kippour, le Cohen Gadol (Grand Prêtre), qui dirigeait
le service du Saint Jour, finissait sa mission en tant que représentant
de tout Israël par une prière dans le Kodech Hakodachim (Saint des
Saints). Pour jouer ce rôle, cet homme devait, c'est certain, avoir de
grandes qualités morales et spirituelles, mais il devait aussi remplir
une condition indispensable, celle d'être marié. Ainsi, il pouvait
symboliser la mission que Hachem nous a donnée. Le prêtre n'était ni un
ascète, ni un moine, mais tout simplement un homme de ce monde.
C'est la Torah – Sagesse Divine
offerte à l'Homme – qui est l'instrument qui nous permet de
vivre cette réalité tout en harmonie. La fête de Chavouoth commémore
le Don de la Torah sur le Mont Sinaï, la révélation de D-ieu à
l'Homme. Tous les détails de cet événement relèvent du caractère de
cette révélation, c'est-à-dire, l'union du plus Haut et du plus Bas.
Ainsi, nous remarquons que les Dix
Commandements sont inscrits sur deux tables contenant chacune cinq
injonctions. Le premier groupe comprend les principes fondamentaux de la
foi, les concepts les plus élevés de la pensée Juive. Le second, lui,
contient des commandements simples qui sont le minimum des lois morales et
civiques. Le message est clair : la Torah s'adresse à tous les Hommes,
autant à ceux qui baignent dans le monde de l'esprit et des concepts
abstraits qu'à ceux qu'il faut avertir du vol et du meurtre. C'est en
reliant ces deux composants que l'homme poursuit la Révélation et fait
en ce monde une résidence pour Hachem. Le Midrash nous enseigne, dans cet
esprit, que le premier mot des Dix Commandements, « Ano'hi, Je
(suis l'E-ternel ton D-ieu) », est en fait d'origine
égyptienne.
C'est pourquoi, selon nos sages, la
Torah qui est composée de trois parties : Torah, Néviïm et
Kétouvim (Pentateuque, Prophètes et Hagiographes) fut donnée à un
peuple composé de trois familles, celles des Cohen, des Lévy et d’Israël
par Moché, le troisième enfant de sa famille et ceci le troisième mois
après la sortie d'Egypte. Le mois de Nissan, premier mois, symbolise
l'unicité absolue, celle qui ne saurait supporter la diversité de la
nature et c'est d'ailleurs pourquoi, cette dernière est mise à l'écart
au moment de l'Exode qui laisse uniquement la place à un scénario
miraculeux. lyar, le deuxième mois est celui du voyage difficile,
physiquement et spirituellement, vers le mont Sinaï. C'est aussi la
période du Omer. Comme le chiffre deux, ce mois représente la diversité
ou même la scission. Puis, vient se placer le troisième mois, Sivan, le
mois de la Torah, de Moché et du peuple d'Israël. Le chiffre trois
représente une troisième dimension, celle de la symbiose du Spirituel et
du Matériel. C'est la naissance du fruit de l'union de D-ieu et de Sa
Création.
Rappelons cette phrase d'Oscar Wilde :
« Un couple, c’est ne faire plus qu'un ; oui, mais lequel ? » .
La conception du Judaïsme est que les deux composantes du couple « D-ieu
– Création » créent une troisième dimension, fruit de cette
Union, une Résidence pour D-ieu ici-bas.
C'est pourquoi le Troisième
Beth-Hamikdach bâti par le Machia'h sera éternel car il sera le Temple
de Hachem construit par l'Homme.