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Les Enfants - Nos Garants

Le Midrash raconte que D‑ieu voulait, avant de donner la Torah à Son peuple, s'assurer qu’Israël s'adonnerait à l’étude et vivrait conformément à Ses préceptes. Il demanda, alors, des garants. Les Juifs proposèrent d'abord leurs ancêtres Avraham, Yits’hak et Yaakov. Ce qui fut refusé par Hachem. Une seconde offre suivit : « Nos prophètes seront nos garants ». Elle n'eut pas plus de succès. Finalement les Béné-Israël proposèrent leurs enfants pour garantir l’étude et l’observance de la Torah. Cette fois, le « gage » fut accepté, et D‑ieu donna la Torah.

Ce Midrash n’a rien perdu de son actualité et s’applique aussi à notre temps. Aujourd'hui, les mêmes « offres » sont faites à D‑ieu : « La Torah sera étudiée, nos Pères en sont les garants ». Nombreux sont ceux qui de nos jours répètent, sous une forme ou une autre, cette phrase : « Je n’ai pas le temps de m'adonner à l’étude de ma religion, mais je paierai pour que mon vieux père, dans la maison de retraite où il se trouve, puisse l'étudier, lui. Il dispose de tout son temps, il n’a rien d’autre à faire ; il peut consacrer ses heures à cette occupation cela le rendra heureux ». Voilà un règlement inacceptable, car l'action qui en résulte n'assure pas la perpétuation d’une vie conforme à la Torah.

Certains ont une autre façon d'envisager la question : « Nos prophètes seront les garants ». Le mot hébreu pour « prophète » dérive de la même racine que le mot « parler ». Ainsi « prophète » peut être interprété comme « porte-parole ». Nos porte-parole, c'est-à-dire nos Rabbins, étudierons pour nous. « Par ma contribution financière j'aiderai la communauté : son Rabbin pourra ainsi se consacrer sans souci à l'étude de la Torah, pendant que je m’occuperai de mes affaires. Après tout, c'est son métier. Les Rabbins assureront donc l’accomplissement des préceptes. »

Grand est le nombre de ceux qui, obéissant à des sentiments du même ordre disent: « Pourquoi mon fils ferait‑il des études avancées de Torah ? I1 n’a pas l’intention de devenir Rabbin ! » Cette vision des choses est erronée ! Car le Judaïsme n’existe pas seulement pour les Rabbins, il est pour chaque Juif ; l’étude et la pratique sont des obligations pour nous tous.

Enfin nos enfants sont proposés comme « garants » : « Qu'ils étudient la religion tant qu'ils sont jeunes », disent les parents, « qu’ils fréquentent 1e Talmud‑Torah dans leurs jeunes années. Ils s'acquitteront ainsi de leurs obligations vis‑à‑vis du judaïsme et pourront plus tard se consacrer complètement aux affaires. »

Cette garantie n'est pas idéale, car, encore une fois, la Torah n'est pas faite exclusivement pour les enfants ; néanmoins ce gage sera accepté car s’ils étudient la Torah dans leur jeune âge, ils y resteront attachés plus tard. De plus l'influence des enfants finira par ramener leurs parents à l’étude de la Torah et à l'observance de ses Mitsvoth.

C’est d’ailleurs la dernière prédiction des prophètes – dans Mala’hi. En effet, les enfants finiront par ramener le cœur des parents à D-ieu avant la venue de Machia’h. La jeunesse est déjà en route vers la Guéoulah, rejoignons-là !

Rav Eliahou DAHAN

 

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