Voilà l’été qui arrive
enfin ! Mais avant de pouvoir profiter du temps libre, beaucoup devront
passer des examens de fin d’année scolaire ou universitaire. C’est
certainement la période où les pharmaciens vendent le plus
d’antidépresseurs ou de vitamines qui aideront les étudiants – et parfois
leurs parents – à traverser le cap difficile des veilles d’examens.
Néanmoins, les gélules et
les comprimés en tous genres ne suffisent pas – vous en conviendrez – pour
faire de nos petites têtes blondes des petits génies. Un examen se prépare
et pour réussir, il faut souvent sacrifier des loisirs et des nuits de
sommeil pour les révisions.
Le peuple Juif a aussi
chaque année son examen d’admission : la fête de Chavouoth. Ce jour-là,
nous réaffirmons notre ferme intention d’accepter et d’assumer la mission
de partenariat avec D-ieu. Nos célébrations sont des occasions de revivre
– comme la première fois – les événements du passé pour mieux entreprendre
l’avenir. Un événement comme celui du Don de la Torah et la prise de
conscience que nous sommes les héritiers et les dépositaires de la Loi et
de la Justice méritent une préparation adéquate. C’est pourquoi il est
d’usage de veiller la première nuit de Chavouoth ; la nuit qui précède la
lecture des Dix Commandements est consacrée à l’étude. Il est clair que
pour un tel événement, une nuit ne suffit pas ; en réalité, nous nous
préparons à Chavouoth depuis Pessa’h en comptant quotidiennement le Omer.
Le temps qui passe est alors habité par une réflexion, des sentiments et
des actes qui – comme dans un jeu de piste – nous mettent sur la voie qui
mène au Mont Sinaï.
On raconte qu’un homme,
qui était inquiet de ne pas pouvoir veiller la nuit de Chavouoth, prit la
décision de se préparer depuis Pessa’h. Ainsi, pensa-t-il, pour compenser
les heures de sommeil qui vont lui manquer, il vaut mieux prendre de
l’avance. Il décida alors d’ajouter, chaque jour depuis Pessa’h, quelques
minutes supplémentaires de sommeil. Dormir devint sa deuxième nature, si
bien que le soir de Chavouoth, il s’écroula de fatigue au milieu du repas
et, bien-sûr, il ne put veiller. C’est ridicule ! On se prépare à veiller
seulement en prenant l’habitude de grignoter quelques minutes de sommeil
chaque jour !
Il en est de même pour les
préparatifs au Don de la Torah : la seule préparation valable est l’étude
et la mise en pratique. C’est ainsi que nous réaffirmons notre attachement
millénaire à notre tradition. Nous avons dit, il y a 3314 ans, « Naasé
Vénichma – Nous ferons et puis nous comprendrons. » L’application vaut
mieux que toutes les expériences. Aucun livre ne saura traduire le plaisir
et la sainteté d’un repas de Chabbath ! Pour le ressentir, il faut le
vivre et pour le vivre, il faut s’y préparer. Aucune encyclopédie ne saura
décrire la profondeur d’une page du Talmud ! Pour la comprendre, il faut
apprendre. Aucune œuvre philosophique ne décrira véritablement la joie du
pauvre qui reçoit un repas chaud ! Pour qu’il vive, il faut lui donner.
Aucune préparation morale ne vaudra l’exercice pratique !
Bientôt, nous allons vivre
l’instant tant attendu de la venue du Machia’h. Là encore, seule une
préparation adéquate anticipera cet événement. Comme pour la fête de
Chavouoth, l’étude et l’action sont des préalables. La seule préparation
acceptable est de vivre déjà maintenant à l’heure de la Guéoulah !
Rav
Eliahou DAHAN