« Israël campa, là-bas, face à la montagne. »
(Exode 19 – 2)
Selon nos sages, ce verset indique que la paix et l’harmonie régnaient au
moment où le peuple Juif s’arrêta face au Mont Sinaï. Nos maîtres
remarquent qu’à chaque étape du voyage de nos ancêtres il est écrit « Ils
voyagèrent, ils campèrent » au pluriel ; ici, face à la montagne de la
Révélation, il est dit : « Israël campa », car ils étaient « tous
comme un seul homme ; ils étaient habités d’un seul sentiment. » La
paix et l’amour constituaient la condition préalable pour le Don de la
Torah. C’est en éveillant l’amour du prochain – Ahavath Israël – que le
peuple Juif mérita la Révélation.
Ainsi, c’est dans cet esprit que nous devons nous préparer à la fête de
Chavouoth. A l’instar des nos ancêtres, nous devons renforcer nos
sentiments pour notre prochain ; nous devons établir une véritable unité
au sein de la communauté.
Le Baal Chem Tov enseigna à ses élèves que nous devons aimer chaque Juif
sans aucune distinction, qu’il soit un Tsaddik – un juste –, un Talmid
‘Ha’ham – un érudit – ou un homme simple.
Le fondateur du ‘Hassidisme précisa sa pensée : D-ieu aussi met les
Téfilin. Ses Téfilin sont le peuple Juif. Ils sont composés de deux
parties : le Téfilin de la Tête et celui du bras. Le Téfilin de la tête
représente les érudits, tandis que celui du bras fait allusion aux gens
simples qui n’ont que l’action à leur crédit.
Pourtant, la loi exige que le bras précède la tête dans la pose des
Téfilin. Notre amour pour l’homme simple doit devancer celui que nous
portons à l’érudit.
Le Maguid de Mézeritch ajouta aux paroles de son maître que nous avons le
devoir d’aimer aussi les Réchaïm – les impies.
Un jour, il dit à son élève Rabbi Eliméle’h de Lizansk : « Entends-tu
ce qui se murmure dans les Cieux ? Ahavath Israël consiste à aimer le
véritable méchant autant que le plus grand des justes ! »
Rabbi Chnéour Zalman de Liadi donna une autre dimension aux enseignements
de ses prédécesseurs. Pour le fondateur du ‘Hassidisme ‘Habad, la Ahavath
Israël implique que nous aimions chaque juif, du plus petit au plus grand,
sans aucune distinction, car nous ne formons qu’une seule et même entité.
Les mots du Baal Chem Tov laissent entendre qu’il y a, toutefois, une
différence entre le sage et le simple ; l’enseignement du Maguid admet
l’écart qui existe entre le juste et l’impie, même s’il exhorte à l’amour
des deux catégories. Pour Rabbi Chnéour Zalman, nous ne formons qu’un seul
et unique bloc : le peuple Juif. A la lumière de ce principe, les mots du
verset « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » prennent tout
leur sens : Je dois aimer l’autre comme moi-même, car, en réalité, il fait
partie de moi.
Likouté Si’hoth Vol I